Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
L'Union européenne regroupe aujourd'hui vingt-sept pays. Ces Etats-membres ont besoin de règles leur permettant de construire ensemble l'avenir de l'Europe. Les dispositions du traité de Lisbonne leur confèrent cette capacité, et c'est pourquoi le parti socialiste a décidé, lors d'un Bureau national en novembre dernier, de le soutenir. Il est certain, au parti socialiste, que nous aurions préféré une procédure référendaire donnant la parole au peuple français. Mais Nicolas Sarkozy avait annoncé durant sa campagne qu'il ne l'envisageait pas ainsi. La déception des partisans du référendum est légitime, mais vaine dès lors que nous n'avons pas le rapport de forces politique nous permettant de remettre en cause ce choix de l'exécutif. Je m'étonne quand même que certains parlementaires socialistes scient eux mêmes la branche sur laquelle ils sont assis en contestant au parlement sa capacité à incarner la souveraineté populaire. Nous détenons cette légitimité de par notre fonction de représentants du peuple. Et comme députés socialistes, nous avons un devoir de solidarité à l'égard de nos partis-frères européens. Quoi qu'il en soit, les socialistes français ont eu un peu de mal à définir une position commune. Ils y sont parvenus hier en décidant de s'abstenir sur la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité de Lisbonne et de voter le projet de loi de ratification. Il faut saluer ce compromis. Il préserve l'essentiel, le vote du traité. Il respecte notre souci de cohérence, puisque nous déposerons une motion référendaire lors de l'examen du traité par le parlement, afin de rappeler nos principes. Il traduit notre volonté d'apaisement, puisque face aux sensibilités différentes qui traversent notre famille politique, chacun a pris ses responsabilités et fait un pas vers l'autre. Il est normal qu'une formation politique soit traversée de débats qui expriment sa diversité, sa richesse, sa tolérance. Mais il aurait été anormal que nous nous déchirions plus longtemps. Nous voilà enfin, je l'espère, en situation de nous tourner vers l'avenir avec le sens partagé de l'intérêt général.