Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Le parti socialiste ne s'est jamais remis de ses déchirements lors du référendum sur le projet de Constitution européenne. Je trouverais insupportable d'avoir à revivre ces moments. Le « plan B » qu'ont fait miroiter en 2005 les défenseurs du « non », alors que les militants avaient choisi le « oui », n'existait pas. A l'époque les partisans de la Constitution, dont je faisais partie, ont dénoncé vainement cette supercherie. De ce fait, le seul « plan B », aujourd'hui, c'est le traité signé à Lisbonne le 13 décembre 2007, qui pourra entrer en vigueur le 1er janvier 2009 s'il a été ratifié par les 27 Etats membres de l'Union européenne. En France, cette ratification impose une révision préalable de la Constitution, dont les députés débattront demain avant la convocation du Congrès à Versailles le 4 février prochain. Les parlementaires seront ensuite saisis du traité proprement dit, dont le président de la République veut la ratification par voie parlementaire. Le PS, c'est vrai, aurait préféré un référendum. Ségolène Royal s'était engagée sur ce point durant la campagne présidentielle. Mais il n'échappe à personne qu'aujourd'hui la décision ne nous appartient pas. Cependant, parce que nous restons favorables à un référendum, le premier secrétaire et le président du groupe socialiste ont proposé aux députés la non-participation au Congrès de Versailles, sachant que sur le traité lui-même, le Bureau national s'est prononcé majoritairement pour son adoption, et que les parlementaires socialistes disposeront le moment venu de leur liberté de vote. La stratégie proposée par François Hollande et Jean-Marc Ayrault permet de concilier notre désapprobation de la procédure de ratification imposée par l'exécutif et notre soutien au traité de Lisbonne. Certains au sein du PS contestent cette perspective. Peut-être existe-t-il d'autres alternatives, la réflexion n'est pas close. Quoi qu'il en soit, il faut savoir ce que nous voulons et plus encore qui nous sommes. L'engagement en faveur de la construction européenne est au coeur du socialisme. Au regard de ce critère structurant, notre logique doit être dominée par la clairvoyance et la fidélité. Nous ne devons penser qu'à la cohérence de notre parti, en vue des combats proches ou plus lointains qu'il a à conduire. Nous devons aussi privilégier l'avenir de l'Europe, pour nos 26 partenaires, pour ce futur commun. Certains enjeux dépassent les intérêts immédiats: ils font la noblesse de la politique.