Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
La Salle des Fêtes de l'Elysée ressemble à un décor de théâtre. La pièce qui s'y joue depuis le début de l'année porte le titre de « Politique de civilisation ». Le concept est emprunté à Edgar Morin. Ce philosophe estime qu'en dépit de ses nombreux bienfaits, la civilisation européenne conduit à l'affaiblissement des solidarités, à la dégradation de la responsabilité, et à la détérioration de la planète. Pour y remédier, il invite à privilégier le qualitatif sur le quantitatif. Dans cet esprit, il conteste particulièrement deux orientations actuelles de la France: l'alignement international sur Bush et l'inhumanité de la politique d'immigration. Il a bien raison sur les deux aspects. Et pour ce qui concerne spécifiquement l'immigration, la logique du pouvoir n'a en effet rien de qualitatif. L'immigration est une question qui pour Sarkozy se réduit à deux chiffres: les quotas et les expulsions. Le président l'a confirmé hier. Contre toute évidence, et en contradiction avec la Constitution, il affirme que les quotas sont « la seule solution ». Loin de toute humanité, et au mépris des droits de l'homme, son ministre Hortefeux poursuit ses objectifs de 25 000 expulsions par an. Malgré la pression que le ministre de l'immigration et de l'identité nationale exerce sur les préfets et les forces de police, il n'a d'ailleurs pas totalement atteint ce nombre. L'élève Hortefeux aura donc une mauvaise note, puisque désormais les ministres seront évalués comme des écoliers. Bien fait pour lui, et tant mieux pour nous! Mais plus sérieusement, reste cette question: la peur dans laquelle vivent les immigrés, la précarité dont ils souffrent, les séparations familiales qu'ils subissent, l'insulte quotidienne aux valeurs de la République par les autorités de l'Etat, c'est cela, la politique de civilisation? J'y vois plutôt une politique de barbarie.