Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Diriger un pays, c'est une course de fond, pas un sprint désordonné. L'essoufflement de Nicolas Sarkozy était prévisible. Il est confirmé par un sondage qui voit le pourcentage de personnes satisfaites passer sous la barre des 50% pour la première fois. A ce stade, le président de la République me semble victime de sa propre méthode. A tout promettre, il déçoit. Trop sûr de lui, il se trompe. Facilement démagogique, il se contredit. Candidat, il se référait abondamment à Jean Jaurès et Guy Mocquet. Elu, il s'égare dans des concepts inquiétants, comme la « laïcité positive », ou fumeux, comme la « politique de civilisation ». Durant sa campagne, il proclamait qu'il serait « le président du pouvoir d'achat ». Quelques mois plus tard, cette préoccupation est ignorée et le chef de l'Etat s'envole de jet privé en palace alors que les Français s'inquiètent de l'inflation, du coût de la vie, de la stagnation des salaires. Voici Nicolas Sarkozy rattrapé par la réalité, en dépit de sa tactique du rideau de fumée. Chaque fois qu'un problème surgit, il l'occulte en lançant une initiative sur un autre front. Cette technique peut fonctionner sur de brèves périodes: elle est de toute évidence inopérante à l'échelle d'un quinquennat. Et de fait, il est temps d'en finir avec la présidence fumigène. Le rôle du chef de l'Etat est de dessiner des perspectives, de définir des cohérences, de défendre des principes. Sur ces exigences-là, Sarkozy est étonnamment silencieux. Son message de voeux aux Français manquait singulièrement de substance. Que compte-t-il faire de la présidence de l'Union européenne au second semestre? Mystère. Envisage-t-il des initiatives ambitieuses en matière environnementale, alors que ce sont les prévisions les plus alarmistes des experts qui semblent se confirmer? Silence. Quelles mesures prévoit-il pour les banlieues, alors qu'elles sont le seul endroit de la planète où il ne met pas les pieds et que les premières indications sur le contenu du plan de Fadela Amara sont consternantes? Motus. Laissera-t-il Brice Hortefeux poursuivre sa délirante stratégie d'expulsions, alors que cette politique du chiffre, sans doute aggravée par la prochaine notation des ministres, est répugnante? Allez savoir. Demandera-t-il à ses ministres de réfléchir à des mesures pour relancer la croissance et l'emploi, dans une conjoncture internationale difficile qui appelle une vigilance extrême? No comment. On nous annonce une conférence de presse très importante demain. Espérons que Nicolas Sarkozy délaissera le futile pour l'essentiel en prenant, enfin, la mesure de sa charge.