Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Il arrive qu'une très mauvaise idée ait, de prime abord, l'air bonne. C'est ce qui se passe avec la tonitruante annonce faite par le président de la République de supprimer la publicité dans l'audiovisuel public. Ce choix ressemble d'ailleurs à un « coup de pub »: il est soudain, inattendu, donc à effet médiatique garanti. Il est supposé perturber la gauche, attachée à un financement public de la télévision publique -mais selon une logique et des modalités très différentes, ce que l'Elysée se garde bien de préciser. La décision du chef de l'Etat est aussi unilatérale, puisque ni le président de France Télévisions, ni le premier ministre, ni la ministre de la Culture et de la Communication, n'ont été prévenus... et encore moins consultés, ce qu'ils ont certainement apprécié. Elle constitue en outre une improvisation, puisqu'il s'agit maintenant de trouver au moins 1 milliard pour compenser le manque à gagner, et que la taxation éventuelle de la publicité sur les chaînes privées n'y suffira pas. Elle entraîne enfin un drame, puisque les 300 salariés de la régie publicitaire de France Télévisions ont appris en direct live de l'Elysée, le 8 janvier dernier, la disparition de leur emploi. Cette affaire illustre toutes les hypocrisies de cette majorité. D'abord, faire croire que cette mesure est empruntée au projet socialiste pour désamorcer les critiques. Ensuite, minimiser la difficulté de trouver des ressources supplémentaires, en évoquant des taxes « infinitésimales » sur les produits d'électronique grand public comme les téléviseurs, les ordinateurs et les téléphones portables, sans admettre que le consommateur sera mis injustement à contribution et son pouvoir d'achat une fois encore érodé. Enfin, taire la vraie motivation de cette réforme, qui est à terme de supprimer l'une des chaînes publiques et surtout de faire des cadeaux à TF1, M6, ainsi qu'aux nouvelles chaînes de la TNT, dont les recettes publicitaires s'envoleront. La plupart des bénéficiaires seront, comme par hasard, des amis personnels, voire des généreux bienfaiteurs, du chef de l'Etat. Cela s'appelle un renvoi d'ascenseur. Mais à nos frais, ce qui ajoute le cynisme à l'immoralité.