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Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.

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Improvisation à 1 milliard

 

Il arrive qu'une très mauvaise idée ait, de prime abord, l'air bonne. C'est ce qui se passe avec la tonitruante annonce faite par le président de la République de supprimer la publicité dans l'audiovisuel public. Ce choix ressemble d'ailleurs à un « coup de pub »: il est soudain, inattendu, donc à effet médiatique garanti. Il est supposé perturber la gauche, attachée à un financement public de la télévision publique -mais selon une logique et des modalités très différentes, ce que l'Elysée se garde bien de préciser. La décision du chef de l'Etat est aussi unilatérale, puisque ni le président de France Télévisions, ni le premier ministre, ni la ministre de la Culture et de la Communication, n'ont été prévenus... et encore moins consultés, ce qu'ils ont certainement apprécié. Elle constitue en outre une improvisation, puisqu'il s'agit maintenant de trouver au moins 1 milliard pour compenser le manque à gagner, et que la taxation éventuelle de la publicité sur les chaînes privées n'y suffira pas. Elle entraîne enfin un drame, puisque les 300 salariés de la régie publicitaire de France Télévisions ont appris en direct live de l'Elysée, le 8 janvier dernier, la disparition de leur emploi. Cette affaire illustre toutes les hypocrisies de cette majorité. D'abord, faire croire que cette mesure est empruntée au projet socialiste pour désamorcer les critiques. Ensuite, minimiser la difficulté de trouver des ressources supplémentaires, en évoquant des taxes « infinitésimales » sur les produits d'électronique grand public comme les téléviseurs, les ordinateurs et les téléphones portables, sans admettre que le consommateur sera mis injustement à contribution et son pouvoir d'achat une fois encore érodé. Enfin, taire la vraie motivation de cette réforme, qui est à terme de supprimer l'une des chaînes publiques et surtout de faire des cadeaux à TF1, M6, ainsi qu'aux nouvelles chaînes de la TNT, dont les recettes publicitaires s'envoleront. La plupart des bénéficiaires seront, comme par hasard, des amis personnels, voire des généreux bienfaiteurs, du chef de l'Etat. Cela s'appelle un renvoi d'ascenseur. Mais à nos frais, ce qui ajoute le cynisme à l'immoralité.

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L
A quand Bernard sur facebook??
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O
<br /> PUB<br /> ET CENSURE<br /> <br />  <br /> <br /> La suppression de la publicité sur les chaînes publiques se traduira invariablement par une appréciation conséquente de la redevance télé pour compenser le manque à gagner. Mais la manne publicitaire perdue par l’audiovisuel public (estimée à 760 millions d’euros) bénéficiera aux chaînes privées, notamment la première d’entre elles, TF1, propriété de Martin Bouygues, ami intime du président de<br /> la République<br /> , qui a d’ailleurs intégré à la direction générale de la chaîne, le 22 mai dernier, Laurent Solly, directeur adjoint de campagne du candidat Sarkozy. La coïncidence n’est-elle pas troublante ?<br /> Nicolas Sarkozy s’inspire apparemment de l’exemple de<br /> la BBC<br /> , qui, confrontée au même dilemme, a supprimé environ 6 000 emplois, soit près d’un quart de ses effectifs. Il faut donc s’attendre à d’importants licenciements au sein de France Télévisions, notamment au détriment des antennes régionales de France 3. Parallèlement, davantage de programmes seront sous-traités et certaines activités partiellement privatisées. Faut-il également craindre une délocalisation massive à l’image de<br /> la BBC<br />  ? Reste une évidence : réduire les moyens financiers de l’information est le plus efficace et le plus discret des moyens de censure.<br /> <br />  <br /> <br /> Source :<br /> La Voix<br /> du Nord, mardi 17 janvier 2008.
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O
Réponse à Colette Martin.<br /> « Mais dites-moi , en dehors des citations , qu'elles soient d'un journal ( j'ai le plus grand respect pour celles du Canard ) ou d'un homme politique ( j'ai aussi le plus grand respect pour Bernard Roman , député exemplaire  qui effectue son mandat avec un  sérieux dont bien peu de ses confrères peuvent se vanter ) , vous n'argumentez guère par vous-même ! »<br />  <br /> <br /> Je ne peux alors que vous invitez à relire mes précédents courriels… Pour ce qui est des citations et autres extraits de presse, j’ai toujours appris que toute affirmation devait être argumentée, illustrée, étayée d’exemples précis. « On n’affirma jamais rien sans rien », n’est-ce pas ce que vous enseignez à vos élèves ?<br /> « Et, de plus, vous invectivez dans toutes les directions et à tout va, un coup à gauche et un coup à droite… »<br />  <br /> <br /> Pour la droite, c’est normal ! Par contre, ce n’est pas la gauche que je critique mais bel et bien les hiérarques du Parti socialiste coupables, à mes yeux, de trahison ! J’estime que les promesses de campagne sont des engagements formels et non des appeaux pour électeurs que l’on range une fois l’élection passée. La colère est donc à la hauteur de la trahison : intense !<br /> « Mais oui. Nous sommes d'accord. Et donc, vous me donnez raison : l'électorat a manqué de clairvoyance, l'électorat s'est bien laissé manipuler. »<br />  <br /> <br /> Lui a-t-on vraiment laissé le choix ? Entre une gauche qui s’entretue, où les « éléphants »assassinent la candidate officielle et un homme sûr de lui, à la tête d’une véritable machine de guerre, ils ont choisi l’efficacité sans prendre en compte l’importance des enjeux. Vous le reconnaissez vous-même ensuite.<br /> « Mais Ségolène Royal était-elle vraiment la mieux placée pour cette candidature ? Bien sûr que non. […] Et nous savons tous que le seul en mesure de battre Sarko était DSK.»<br />  <br /> <br /> N’a-t-elle pas été officiellement investie par les militants socialistes, à moins que ceux-ci aient aussi été abusés ? Vox populi, vox Dei !<br /> « Enfin , lorsque vous parlez de la peine de mort , et dites que ce sujet ne pouvait être soumis au referendum simplement parce que c'est un problème de société et non un problème économique , c'est là aussi reconnaître que le peuple n'est pas à même de juger de tout. »<br />  <br /> <br /> Il y a erreur sur ce sujet : j’ai dit que le débat sur la peine de mort était un sujet de société à la différence de la polémique relative au traité européen, qui est un débat politique. Mais c’est aussi parce que la peine de mort a été supprimée par voie parlementaire et non référendaire qu’elle fait encore débat aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après son abolition.<br /> Vous dissertez un peu sur Adolf Hitler. A ce sujet, connaissez-vous les principales sources d’idées de Hitler sur la propagande telles qu’il les expose dans « Mein Kampf » ? De nombreux passages dans « Mein Kampf » démontrent qu’il s’est inspiré de Le Bon, « Psychologie des foules », et de McDougall, « The Group Mind » (l’opinion de la masse), parus respectivement en 1912 et 1920. Pour preuve : selon les propres termes de « Mein Kampf », Hitler ne prenait pas pour référence « l’impression » que ses discours laisseraient « chez un professeur d’université, mais l’effet qu’ils exerçaient sur la foule ». En outre, un historien allemand, Max Domarus, a écrit que « Hitler adaptait presque insensiblement ses discours à chaque auditoire. Sans doute (sic !), le contenu était-il toujours le même, mais il aimait changer de jargon selon l’origine sociale ou géographique de ses auditeurs. » Hitler a aussi été influencé par les écrits de l’Autrichien Ludwig Gumplowicz (« Der Rassekampf », le combat racial, 1883), de Wilhelm Bölsche qui eut beaucoup de succès en 1921 avec son livre « Du bacille à l’homme-singe », et de Vacher de Lapouge, qui affirmait dans son ouvrage « L’Aryen. Son rôle social » (1899) que « L’idée de justice est un leurre. Rien n’existe que la violence »… Tout ceci n’est peut-être que palabres mais j’estime nécessaire de connaître au mieux l’adversaire pour le combattre avec efficacité, plutôt que de me contenter de le diaboliser.<br /> Une dernière remarque avant de clore définitivement cet exposé biographique : Hitler est né le 20 avril 1889 dans la petite ville de Braunau sur l’Inn en Autriche. Il est le quatrième enfant d’Alois Hitler, obscur fonctionnaire des douanes autrichiennes. Réformé en Autriche, il s’engage dans l’armée bavaroise durant<br /> <br /> la Première<br /> Guerre<br /> mondiale ; il sera d’ailleurs, fait rarissime pour un simple caporal, décoré de<br /> la Croix<br /> de fer pour faits de bravoure. Hitler conservera la nationalité autrichienne jusqu’en avril 1925, puis restera sans nationalité de cette date à 1932. Hitler ne deviendra citoyen allemand qu’en 1932 du fait de sa nomination comme conseiller de gouvernement du Brunswick. Ce dernier détail est véridique mais vous aurez peu de chance de le dénicher sur le Net. Preuve que les livres ont encore une belle histoire devant eux !<br /> « Je crois que nous en resterons là, en tout cas en ce qui me concerne. Je ne tiens pas à polémiquer davantage. »<br /> Jusqu’au prochain débat ? N’oubliez pas que de la discussion jaillit la lumière.<br /> « Et ne comptez pas sur moi pour passer mon temps à explorer Google ou Wikipedia pour étayer mes propos. »<br />  <br /> <br /> Un peu de culture n’a jamais fait de mal à personne et Internet est un outil si extraordinaire ! Mais vous pouvez aussi prendre un bon livre. Je me permets, pour le plaisir, de vous en proposer deux : « Le Système totalitaire » de Hannah Arendt et « Les Dictateurs du XXe siècle » d’Arthur Conte. Au revoir !
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C
 A Opsomer.<br />   Eh bien , quelle documentation ! Quelles argumentations !<br />    Mais dites-moi , en dehors des citations , qu'elles soient d'un journal ( j'ai le plus grand respect pour celles du Canard ) ou d'un homme politique ( j'ai aussi le plus grand respect pour Bernard Roman , député exemplaire  qui effectue son mandat avec un  sérieux dont bien peu de ses confrères peuvent se vanter ) , vous n'argumentez guère par vous-même ! Et , de plus , vous invectivez dans toutes les directions et à tout va , un coup à gauche et un coup à droite …….Non , ce n'est pas l'électorat qui n'a pas vu clair aux dernières élections , il ne pouvait pas être lucide en raison de la démagogie de Sarkozy et des coups bas infligés par le PS à Ségolène Royal . <br />    Mais oui . Nous sommes d'accord . Et donc , vous me donnez raison : l'électorat a manqué de clairvoyance , l'électorat s'est bien laissé manipuler . <br />    Oui , la gauche a fait la pire des campagnes présidentielles et c'est pourquoi elle a perdu . Oui , le peuple s'est laissé berner à la fois par Sarko et par ceux des socialistes qui ne voulaient pas de Ségolène Royal , et ce , au mépris de l'intérêt du pays .<br />    Mais Ségolène Royal était-elle vraiment la mieux placée pour cette candidature ? Bien sûr que non . <br />    Mais …….…..pourquoi a-t-elle été la candidate du PS ? Je ne suis membre d'aucun parti politique , je m'y suis toujours refusée . (Je précise toutefois que c'est du PS que je me sens aujourd'hui la …..moins éloignée) . Mais si j'avais été militante du PS , ce n'est ni elle ni Fabius que j'aurais élu (e ) . Et nous savons tous que le seul en mesure de battre Sarko était DSK . Mais "on" a préféré miser sur le fait que , femme , elle incarnait un réel changement et qu'il serait donc bon pour la France . Cependant ,  je ne  pense pas que Ségolène soit incapable d'être un jour aux commandes de la France , mais je pense qu'elle n'était pas prête en 2007 , qu'elle n'avait surtout pas les ressources pour battre un être aussi roué que Sarkozy et n'en avait pas non plus les moyens colossaux .<br /> <br />  <br /> <br />    Pour revenir aux citations , je reprendrai la 1ère , celle de Hitler sur la "grande masse" et sa capacité d'oubli …<br />    Et je commencerai par vous dire que , germaniste ( enseignante ) ,  je me suis beaucoup intéressée dans mes études au phénomène nazi pour essayer de comprendre comment le peuple ayant enfanté Goethe pouvait en être arrivé là . Je vous dirai aussi, si c'est utile, que Hitler ne m'inspire vraiment aucun respect , aucune admiration , mais beaucoup d'horreur. ( Oui , je sais , tout le monde en dit autant , mais ça mérite quand même d'être précisé) .<br /> Mais personne n'arrive au poste de chef d'état par hasard , ni seul . Personne n'y arrive en étant un imbécile , et sans avoir un minimum de capacité d'analyse du fonctionnement humain et de son psychisme . Ce n'est pas parce que c'est Hitler qui parle de la capacité d'oubli du peuple que c'est à rejeter . C'est hélas une vérité . Comment expliquer sinon que des idéologies comme celle du FN et de tous les partis d'extrême-droite bénéficient encore auourd'hui , 50 ans après la fin de la 2de guerre mondiale (ce qui , en matière d'histoire , équivaut à un laps de temps extrêmement court ) , d'un tel succès ? Le désespoir , la désillusion ? Certes . Mais aussi l'oubli de ce qui fut et l'incapacité à analyser les mécanismes qui amènent régulièrement la résurgence de ces idéologies .<br />    Vouloir nier que tel ou tel ait raison dans un propos , uniquement au nom de ce qu'il représente et de ce que son nom évoque , que ce soit dans le bien ou le mal ( désolée de verser dans le manichéisme , mais on ne peut associer de telles idéologies qu'au mal ) , c'est verser dans l'amalgame , le simplisme à outrance , c'est se priver de tout esprit critique . C'est parce que Hitler ( et ses conseillers , les seuls vrais cerveaux de cette idéologie monstrueuse ) a compris cela qu'il a pu parvenir à réveiller la bête humaine qui sommeille en chacun d'entre nous et que la civilisation parvient à dominer , qu'il a pu entraîner tout un peuple dans une telle catastrophe , non seulement pour le monde entier , mais aussi pour tout le peuple allemand  lui-même .<br />     Enfin , lorsque vous parlez de la peine de mort , et dites que ce sujet ne pouvait être soumis au referendum simplement parce que c'est un problème de société et non un problème économique , c'est là aussi reconnaître que le peuple n'est pas à même de juger de tout . <br /> <br />  <br /> <br />     Je crois que nous en resterons là , en tout cas en ce qui me concerne . Je ne tiens pas à polémiquer davantage . Et ne comptez pas sur moi pour passer mon temps à explorer Google ou Wikipedia pour étayer mes propos . <br />    
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O
Réponse à Colette Martin.<br /> <br />  <br /> <br /> Pour les citations, voici la plus terrible à mes yeux car la plus réaliste : « La faculté d’assimilation de la grande masse n’est que très restreinte, son entendement très petit ; par contre, son manque de mémoire est grand. » (Adolf Hitler, Mein Kampf, 1924)<br /> <br />  <br /> <br /> Partageriez-vous les mêmes opinions que le Führer ? Ceci dit, reprenons, s’il vous le voulez bien, vos propos.<br /> <br />  <br /> <br /> « Le peuple est souverain en démocratie par le biais du suffrage universel, certes. Est-ce pour cela qu'il a toujours raison ? Rien n'est moins sûr. Faut-il donc rappeler, par exemple, que la plupart des fossoyeurs de la démocratie sont arrivés au pouvoir grâce au suffrage universel ? » <br /> Faut-il alors rappeler que le régime de Vichy a été investi par le Parlement ?<br /> <br />  <br /> <br /> « Faut-il rappeler les conditions de l'avènement d'Hitler pour démontrer que la voix du peuple n'est pas toujours la bonne ? » <br /> C’est une erreur historique ! Hitler ne doit son accession à la chancellerie que grâce à une coalition de partis conservateurs, plus effrayés par le Parti communiste que par le Parti nazi qu’ils pensaient pouvoir manipuler…<br /> Petit rappel : en avril 1932, aux élections présidentielles, c'est la grande surprise : Hitler arrive au second tour des élections alors que tout le monde s'accordait à dire que l'Allemagne allait passer à gauche (on attendait une percée des communistes). Les socialistes allemands appellent à voter conservateur pour faire barrage à l’extrême-droite. Le vieux maréchal Paul von Hindenburg bat Hitler à 60 % contre 40 %. L'Allemagne respire... mais s'habitue à cet orateur de talent.<br /> Aux élections législatives de juillet. Le parti national-socialiste (NSDAP) devient le premier parti à la chambre (37,4% des voix) mais non le parti majoritaire.<br /> Fin 1932, le NSDAP marque un léger recul aux élections législatives - élections marquées par un fort taux d’abstention (pas moins de 34 % !) - mais avec 33,1%, soit 14 millions de voix, les nazies restent les plus nombreux au Reichstag avec 230 sièges. Parallèlement, le Parti communiste allemand, le KPD, progresse (16,9 %).<br /> Au mois de janvier 1933, devant le soutien d’une partie du grand patronat et de l’armée, le vieillissant président Hindenburg appelle Hitler à la chancellerie.<br /> La suite vous la connaissez : dans la nuit du 27 au 28 février 1933, les nazis incendient le Reichstag, et accusent les communistes. Aux élections législatives de mars, le parti national-socialiste obtient 44 % des voix. Hitler déchoit alors quatre-vingt-quatre députés communistes pour obtenir la majorité. Les pleins pouvoirs lui sont accordés pour quatre ans. Quelques jours plus tard, précisément le 31 mars 1933, les nazis ouvrent le camp de Dachau, à une dizaine de kilomètres de la ville de Munich en Bavière, le premier d’une longue et sinistre série… Les premiers à y être internés furent les communistes allemands.<br /> <br />  <br /> <br /> « Faut-il rappeler que<br /> la France<br /> a fait, en élisant Sarkozy, le pire des choix qu'elle pouvait faire ? (je ne parle pas bien sûr des petits partis qui sont néanmoins très utiles au débat politique ) »<br /> Faut-il rappeler que<br /> la Gauche<br /> a mené la pire campagne présidentielle qui soit avec des ténors socialistes fusillant littéralement la candidate socialiste, avec un programme électoral abscons ? Permettez-moi ici de rappeler quelques passages d’un courriel adressé à Bernard Roman le 4 mai dernier :<br /> <br />  <br /> <br /> « Vu de l’extérieur, la candidate socialiste n’a pas su incarner le désir des Français pour un renouveau, un changement, elle n’a pas su répondre à leur espoir d’autre chose, de quelque chose, contrairement à son adversaire qui a basé toute sa campagne sur le thème de la rupture, faisant admirablement oublier qu’il était au pouvoir depuis 2002. Pis, en multipliant les références à François Mitterrand, Ségolène Royal s’est enfermée dans une vision passéiste offrant à son programme un goût de réchauffé… Le souvenir mitterrandien n’est utile que dans le cadre de l’évocation de la construction européenne, le rappel de l’importance de l’axe franco-allemand. Tout autre usage est particulièrement délicat, pour ne pas dire hasardeux car l’image de François Mitterrand est polymorphe : il y a le renard politique (ne le surnommait-on pas le « florentin » ?) mais aussi les scandales sulfureux directement liés à sa personne (l’affaire du Rainbow Warrior en 1985, les écoutes de l’Élysée, Mazarine…)  et ses mandats évoquent aussi le véritable traumatisme populaire de cette crise économique qui traîne en longueur au cours des années 1980.<br /> <br />  <br /> <br /> Autre constat : les hésitations et les erreurs de Ségolène Royal ont été amplifiées, voire déformées par les médias à la solde de Sarko. Les amitiés de ce dernier ne sont d’ailleurs pas étrangères à cette mobilisation sans précédent. Permettez-moi de citer pour étayer mes propos un extrait du « Canard enchaîné » : « Il y a bien sûr le premier cercle. Une sorte de sainte trinité du business et des médias français : Martin Bouygues (TF1, Bouygues), Arnaud Lagardère (EADS, « Paris Match », « Le Journal du dimanche », Europe 1, etc.), Bernard Arnault (LVMH, « <br /> La Tribune<br />  »). Le premier est un ami intime depuis plus de vingt ans, Martin et Nicolas se téléphonent chaque jour. Le deuxième a été son témoin de mariage avec Cécilia. Le troisième a aussi avec lui des liens privilégiés. À ces trois-là il peut tout demander, car il a déjà fait beaucoup pour eux. Ensuite viennent les ex-chiraquiens. Dont beaucoup sont des grands déçus. C’est le cas de Serge Dassault (Dassault, « Le Figaro »), de l’afficheur Jean-Claude Decaux ou d’Henri Lachmann (président du conseil de surveillance de Schneider). Même François Pinault, intime des intimes des Chirac, pragmatisme oblige, est passé du « Grand » au « Petit ». […] « Le Point », propriété du tycoon breton, est d’ailleurs parti en campagne en faveur de l’ex-maire de Neuilly. » (Source : Les Dossiers du Canard enchaîné « Élysée-moi ! » n°103 – avril 2007. » […]<br /> <br />  <br /> <br /> Mais la défaite vient aussi d’ailleurs. Lors des primaires, les protagonistes (Fabius ou DSK ?) se sont littéralement tirés une balle dans le pied avec la diffusion de la vidéo censée torpiller Ségolène Royal. Au final, elle a sabordé le PS puisqu’elle a suscité la défiance du corps enseignant – durant la campagne, Pierre Mauroy s’est d’ailleurs alarmé à juste titre de la perte de cet électorat traditionnel. Si l’on y ajoute la maladresse de François Hollande qui annonce sans sourciller que ceux qui gagnent 4 000 euros par mois sont riches et doivent donc être imposés en conséquence (même si ce ne sont pas les termes exacts, c’est ainsi que ce fut ressenti dans l’opinion), on obtient tous les ingrédients d’un divorce avec les classes moyennes, qui sont pourtant celles qui ont le plus souffert de la politique de la droite et constituent également l’électorat majoritaire. Là aussi permettez-moi de citer un extrait de presse pour conforter mes dires : « La politique familiale en France suit une courbe en U, en fonction des revenus des familles : les moins favorisées disposent des prestations sous condition de ressources, les plus favorisées des baisses d’impôts. Le phénomène est désormais connu, mais rarement aussi bien documenté que par cette note du ministère de l’Emploi. Les familles les moins soutenues sont celles qui disposent de revenus compris entre 1 600 et 3 500 euros mensuels. » (Source : Alternatives économiques n°240 – octobre 2005). Le magazine se basait sur une publication du ministère de<br /> la Santé<br /> et de<br /> la Protection<br /> sociale « Etudes et résultats » n°408 de juin 2005.<br /> <br />  <br /> <br /> Autre absurdité : effectuer le premier voyage de campagne… en Chine. Cette démarche n’est pas un symbole de « bravitude » mais une idée stupide ! Si Ségolène Royal voulait se démarquer de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis, mieux aurait valu commencer par l’Inde, première démocratie au monde et en plein essor économique, plutôt que par un Etat totalitaire, fût-il en plein boom économique.<br /> <br />  <br /> <br /> Enfin, Ségolène Royal a pleinement bénéficié du soutien « inconditionnel » de ses pairs, dont des « éléphants du PS ». Ceci est bien évidemment de l’ironie car sincèrement, avec de tels amis, la candidate socialiste n’avait plus besoin d’ennemis… […]<br /> <br />  <br /> <br /> Ce n’était qu’un extrait mais je ne pense pas que vous contredirez mes assertions.<br /> <br />  <br /> <br /> « Pourquoi François Mitterrand n'a-t-il pas jugé bon de proposer un referendum sur l'abolition de la peine de mort comme le lui suggéraient le FN et les plus durs du RPR de l'époque ? Parce qu'il est évident que l'on ne peut apprécier ces changements en profondeur dans le fonctionnement du pays que la tête froide et non sous l'emprise de passions et d'angoisses. »<br /> Le débat sur la peine de mort était un débat de société, et non un enjeu européen. En outre, vous doutez de la maturité politique de nos compatriotes. Or, si vous ne faites pas confiance aux Français, comment voulez-vous obtenir la leur ? Avec votre discours, vous infantilisez dangereusement l’électorat, un électorat perçu comme immature, incapable de saisir les enjeux à venir.<br /> <br />  <br /> <br /> « Et la perspective de l'Europe est génératrice d'angoisses .Angoisses d'ordre culturel (changement d'identité) et socio-économique (menace de chômage et crainte de devoir quitter son clocher), entre autres. »<br /> La décision socialiste de ne pas recourir à un référendum va accentuer le divorce entre les Français et l’Europe, va contribuer à nourrir la défiance.<br /> <br />  <br /> <br /> « Quant à ce que représente le référendum en soi : que reste-t-il de ce que<br /> la Constitution<br /> de<br /> la Vème<br /> lui attribue ? » Les institutions sont ce qu’on en fait. Vous citez cette phrase de de Gaulle « Si vous me dites non, je me retirerai » mais n’a-t-il pas démissionné en 1969 comme il l’avait annoncé ?<br /> <br />  <br /> <br /> « Chirac aurait dû s'en souvenir en 2005, qui a voulu ainsi récupérer  l'affection des Français .Mal lui en prit. Quant à l'opposition (Fabius en tête, même s'il n'y a pas que lui), elle n'était animée que de basses ambitions elles aussi électoralistes : en aucun cas, il ne fallait dire oui à Chirac. » <br /> Vous vous égarez dans les querelles internes au PS. J’étais pour le projet de Constitution européen, même si la troisième partie était vraiment absconse. Or, face à cette incompréhension technocratique d’une densité exceptionnelle, les Français ont dit « non ».<br /> <br />  <br /> <br /> « Et l'opinion publique française s'est laissée manipuler par de multiples arguments anxiogènes au lieu d'essayer de comprendre. »<br /> Honnêtement, aviez-vous compris l’essence de la troisième partie ? Pour ma part, même après deux lectures, je m’égarais dans les méandres de ce texte. Finalement, la logique populaire a été salutaire car nous aurions eu un texte constitutionnel suscitant diverses interprétations, contradictoires pour certaines. Personnellement, je trouve le geste de Jacques Chirac a été courageux en 2005, même s’il a perdu. De fait, j’estime l’actuelle position socialiste particulièrement lâche !<br /> <br />  <br /> <br /> « Comprendre que<br /> la France<br /> ne peut se passer de l'Europe, pas plus que les autres pays européens, d'ailleurs. Comprendre que tout changement (toute révolution) ne peut se faire qu'au prix de difficultés, voire de souffrances en un premier temps, pour apporter ensuite, aux générations futures, un progrès tout aussi indispensable qu'inestimable. »<br /> Vous extrapolez sur l’avenir mais retenez que vous ne pourrez pas faire l’Europe sans les peuples. Comme je l’ai dit précédemment, vous aurez l’Europe du capital et non celle des hommes.<br /> <br />  <br /> <br /> « Voilà pourquoi je persiste dans la conviction que, non, certaines grandes causes ne sauraient être appréciées par Monsieur Tout le Monde, qu'elles doivent être le fait de spécialistes avertis, et que, même si bien sûr l'issue d'un nouveau référendum ne peut être assurée, il ne faut pas courir le risque d'un nouveau non qui serait une véritable catastrophe. »<br /> Clemenceau a dit que « La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires ». Je suis aujourd’hui tenté de le plagier en écrivant que « La politique est une chose trop sérieuse pour être confiée aux seuls politiciens ». Remarquez Paul Valéry a aussi écrit que « La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde. » Mais peut-être n’aimez-vous pas non plus Paul Valéry ?<br /> <br />  <br /> <br /> Pour conclure, savez-vous ce qui fait la force de Nicolas Sarkozy et la faiblesse des socialistes ? Je vais vous démontrer à travers deux citations, l’une de Bernard Roman, l’autre du président de<br /> la République<br />  :<br /> <br />  <br /> <br /> Voici ce qu’écrit Bernard Roman le 14 janvier dernier : « Le PS, c'est vrai, aurait préféré un référendum. Ségolène Royal s'était engagée sur ce point durant la campagne présidentielle. Mais il n'échappe à personne qu'aujourd'hui la décision ne nous appartient pas. », puis, le 16 janvier, « Il est certain, au parti socialiste, que nous aurions préféré une procédure référendaire donnant la parole au peuple français. Mais Nicolas Sarkozy avait annoncé durant sa campagne qu'il ne l'envisageait pas ainsi. La déception des partisans du référendum est légitime, mais vaine dès lors que nous n'avons pas le rapport de forces politique nous permettant de remettre en cause ce choix de l'exécutif. »<br />  <br /> <br /> Est-ce prendre les Français pour des idiots ? Sans l’appui ou l’abstention des socialistes, il aurait été impossible pour le président de<br /> la République<br /> d’obtenir le quorum nécessaire des 3/5e… Que valent alors les engagements de campagne du PS ? Cette réflexion m’amène à citer maintenant les propos du président de<br /> la République<br /> lors de ses vœux aux corps constitués :<br /> « Depuis quelques mois s’est mise en place, conformément aux engagements de la campagne présidentielle, - c’est un sujet d’ailleurs qui me passionne, parfois on me dit : « Ah mais, vous faites un discours qui fait référence aux engagements de la campagne présidentielle » - Oui, on en a tellement vu, qui au lendemain de la campagne oubliaient les engagements de la campagne. Comme si une campagne ne servait à rien. Il y aurait donc le discours que l’on tient en campagne aux Français : n’écoutez pas, cela ne sert à rien. Et le discours que l’ont tient une fois élu. – Il y a une liaison entre ce que j’ai dit pendant la campagne, et ce que je ferai après. Nous avons donc engagé une révision générale des politiques publiques. »<br />  <br /> <br /> (Vœux du président de<br /> la République<br /> aux corps constitués et aux agents de<br /> la Fonction<br /> publique, Lille, vendredi 21 janvier 2008, page 3).<br /> <br />  <br /> <br /> L’ironie de Nicolas Sarkozy est mordante mais aussi criante de vérité pour le citoyen lambda : le PS est aphone car il souffre d’un grave déficit de crédibilité. Le fait pour le PS de s’abstenir et, par la même, de renier sa promesse de campagne au sujet du référendum décrédibilise encore plus les hiérarques socialistes. Pour preuve : si Nicolas Sarkozy baisse dans les sondages, l’engouement pour le PS est tout aussi atone… Les Français se désespèrent, subissent mais n’attendent rien de l’opposition actuelle, perçue comme courtisane (il suffit, pour s’en convaincre, de prendre en exemple le cas de Jack Lang, qui défend le président de<br /> la République<br /> à Boulogne-sur-Mer alors que ce dernier est vilipendé par le PS). Où est la cohérence ? La crédibilité ? Erik Emptaz, rédacteur du « Canard enchaîné », a écrit avec prémonition le 7 mars dernier : « Les promesses électorales, même quand elles volent très haut, ne vont jamais très loin. » Le PS en a donnait une magistrale illustration…<br /> <br />  <br /> <br /> Permettez-moi d’ailleurs de terminer en citant « Le Canard enchaîné » : <br /> « Sarkozy […] est son premier et meilleur attaché de presse. […] Devant tous, il assume aussi son ambition, qui est grande. Ce qui est rare en France et plus encore en politique, où les convenances veulent que l’on dissimule sous le souci du bien commun son envie de réussite. Lui a de « l’appétit » plus que les autres, le revendique plus que les autres, et cette honnêteté-là le rend aimable.<br />  <br /> <br /> Sarkozy fascine surtout car il donne l’impression de parler franc dans un monde où le faux-semblant et la prudence règnent. Il manie le « off » et le « in » avec une dextérité sans égale quand ses collègues ont peur des points d’exclamation ! » et, suis-je tenté d’ajouter, du suffrage universel…<br /> (Les dossiers du Canard enchaîné, « Les nouveaux censeurs », page 9)
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