Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.

Publicité

La répression contre le droit au logement !

Le colonel Khadafi a eu l'autorisation de planter sa majestueuse tente en plein Paris et de perturber pendant une semaine la vie de la capitale. Les SDF n'auront pas eu droit au même traitement. Dès samedi, un campement de 200 tentes établi à l'initiative des Enfants de Don Quichotte a été évacué manu militari par les forces de l'ordre. En dépit de la présence et du soutien d'associations aussi respectables que le Secours Catholique, la Fondation Abbé Pierre, Emmaüs, ATD Quart Monde, les CRS et les gendarmes mobiles n'ont pas lésiné sur les moyens, gaz lacrymogènes et autres méthodes violentes, au point qu'un militant associatif est tombé dans la Seine, qui ne devait pas être bien chaude... L'incompréhension est totale entre la ministre du Logement et les associations. Christine Boutin affirme que les objectifs en termes d'hébergement des sans abri sont atteints » . Les associations assurent au contraire que les centres d'hébergement (qu'elles gèrent, elles...) ne disposent pas de places suffisantes pour répondre à l'urgence. Le plan d'action renforcé pour les sans abri établi l'année dernière n'est pas respecté. Au lendemain de la crise du canal Saint-Martin, Jean-Louis Borloo avait en effet promis 27 000 places d'hébergement: la moitié seulement sont effectives. Les maisons relais et les logements très sociaux qui avaient été annoncés n'ont pas été financés. Chaque jour, une personne meurt dans la rue. La France compte toujours 3 millions de mal logés et 5 millions de personnes en grande fragilité. C'est bien la volonté politique qui manque. La loi SRU qui impose aux communes de bâtir 20% de logements sociaux n'est pas appliquée. Les crédits budgétaires en faveur du logement sont sans cesse sacrifiés. Le droit opposable au logement dont Sarkozy avait fait un thème fort de sa campagne est passé à la trappe. A l'heure où un froid glacial s'abat sur notre pays, la seule réponse du pouvoir, une fois de plus, est la répression. Expulser les sans abri de leurs tentes de fortune, c'est comme fermer Sangatte. La misère est cachée, exilée loin des yeux, rejetée hors du champ des caméras. Ce faisant, elle est aggravée, exacerbée. C'est de l'inconscience, et je pèse mes mots.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
B
Monsieur ROMAN,<br /> quel horible destin de vivre dans une société aux nombreuses défaillances, et de se sentir complétement impuissant pour changer quoique ce soit. Force est de constater, hiver après hiver, qu'il reste encore et encore des êtres humains dans la souffrance. Les plus démunis sont pris en tenaille entre le froid, la répression, l'insolvabilité, le manque d'espoir, l'abandon...<br /> Il existe de nombreuses actions associatives et bénévoles pour palier à toutes ces carences et permettre aux personnes dans la souffrance de sentir, ne serait-ce qu'un instant, la chaleur qui leur fait défaut. Autour d'un café, comme une parenthèse dans leur galère, ces personnes expriment dans leur regard toute l'étendue du mal dont il souffre. Et cette maladie porte un nom : abandon social. Et elle peut toucher tout le monde cette maladie ; nul n'est à l'abris. <br /> Oui, nul ne peut se dire vraiment à l'abris d'un licenciement, d'une séparation, d'une maladie, d'une faille dans son équilibre personnel,... autant de portes d'entrée dans cette prison infâme de l'isolement et de la précarité.<br /> Mais pourquoi existe-t-il autant de portes d'entrée et si peu de portes de sortie ?<br /> Pourquoi n'y a-t-il pas adhésion collective autour d'une cause juste et urgente : aider celles et ceux qui sont victimes de la misère ?<br /> Pourquoi l'Etat offre la force armée comme seule réponse à ses revendications vitales ?<br />  
Répondre