Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
L 'Assemblée nationale examinera la semaine prochaine un projet de loi sur le pouvoir d'achat adopté ce matin par le conseil des ministres. Ce texte a été concocté à la hâte, dans la foulée de l'intervention télévisée du chef de l'Etat la semaine dernière. Il a été ficelé en quelques jours afin de pouvoir être discuté par les députés avant les fêtes. Hormis quelques mesures sur les loyers, il se résume au rachat des RTT, au déblocage de la participation, et à une prime de 1000 euros dans les entreprises de moins de 50 salariés. C'est simple comme un coup de pub, et c'est quasiment aussi fiable! Car pour pouvoir racheter des RTT, il faut déjà en avoir. C'est une lapalissade, certes. Mais seulement 3,5 millions de salariés du privé sur un total de 18 millions bénéficient de RTT. Comme les heures supplémentaires, cette « manne » dépend en outre à la fois du carnet de commandes des entreprises et du bon vouloir de leurs dirigeants. Le déblocage de la participation est tout aussi aléatoire, d'autant que les PME n'offrent généralement pas ce dispositif. Qu'importe! Le chef de l'Etat promet pour les salariés des petites entreprises une prime de 1000 euros. Ce faisant, là encore, il annonce des « largesses » dont il ne maîtrise pas l'attribution. Ce n'est pas lui qui décidera de l'attribution de cette prime. Peu importe, l'essentiel est que les Français y croient. Comme souvent avec les cadeaux, l'emballage peut séduire, le ruban est doré, et le contenu sera décevant. Sarkozy joue les Père Noël. Mais le Père Noël est un menteur. Le Père Noël ne manque pas d'air.