Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
« La souplesse est proportionnelle à l'ampleur des contrats. C'est la loi fondamentale des droits de l'homme d'affaires »: ce commentaire que je lis ce matin dans un hebdomadaire généralement qualifié de « satirique » est certes teinté d'ironie, mais il est malheureusement fondé. En effet, la diplomatie conduite par le président de la République est bien éloignée des valeurs de la France. Le bilan de ses voyages à l'étranger s'évalue à l'aune des contrats commerciaux signés. Certes, les relations commerciales sont l'une des dimensions de toute politique extérieure. Mais l'image de notre pays, et donc de notre peuple, ne peut se résumer à l'intérêt de nos entreprises et encore moins être sacrifiée à ce matérialisme cynique qu'incarne sans complexe Nicolas Sarkozy. Je regrette que les principes de notre République s'effacent derrière les milliards d'euros. Je suis choqué de voir les valeurs de notre démocratie se dissoudre dans les chiffres d'affaires. Car enfin, fallait-il pousser la prévenance à l'égard du régime chinois jusqu'à assigner à résidence la secrétaire d'Etat chargée des droits de l'homme, réduite à ronger son frein à Paris? Etait-il nécessaire dès lundi de féliciter « chaleureusement » Vladimir Poutine pour une victoire que tous les autres pays démocratiques dénoncent comme une mascarade sinistre? Et devons-nous accueillir sans mot dire, la semaine prochaine à Paris, le peu recommandable colonel Khadafi? Tous les présidents de la Ve République se sont attachés à défendre la vocation universelle du pays de droits de l'homme, et c'est pourquoi la politique étrangère a toujours été un domaine relativement consensuel. Jusqu'ici en tout cas. En matière internationale plus encore qu'ailleurs, la « rupture » fera le plus grand mal à la France.