Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Une fin de non recevoir. C'est la réponse de Nicolas Sarkozy à l'impatience légitime des Français qui voient leur pouvoir d'achat s'éroder et espérent donc des mesures pour revaloriser les salaires et faire baisser les prix. Ni l'un ni l'autre, a répondu jeudi le président de la République, les caisses de l'Etat sont vides. Pas dupe, l'opinion se fâche, et le lâche: dimanche, un sondage confirme que 65% de personnes interrogées jugent le chef de l'Etat trop absent sur la question du pouvoir d'achat. C'est pourquoi dès hier soir, François Fillon est envoyé au front, promettant pour les prochains jours un dispositif législatif de rachat des RTT et des comptes épargne-temps, et le déblocage de la participation. Pour autant, ces annonces ne sont pas à la hauteur des besoins. Une étude de l'Insee démontre que les revenus du travail ont tendance à ne pas progresser depuis 1978, en raison notamment du développement du temps partiel et de la baisse du nombre de jours rémunérés. Depuis 1980, la proportion de travailleurs à temps partiel est ainsi passée de 6% à 18% de l'effectif salarié total, tandis que celle des emplois intermittents ou intérimaires a progressé de 17% à 31% . Plus que les 35 heures, dont le gouvernement poursuit le démantèlement, ce sont bien ces formes de précarisation, dont les femmes sont les premières victimes, qui pèsent sur les revenus salariaux. Au-delà des mesures d'urgence pour la hausse des salaires et la baisse des prix que propose le parti socialiste, il faut à la France plus de croissance, plus d'emplois, et une sécurisation des parcours professionnels. Toutes choses qu'il appartient à l'Etat de garantir.