Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
L'immigration traitée comme un problème, le regroupement familial abordé comme un abus, l'étranger considéré comme un suspect qu'il faut contrôler jusque dans ses gènes: le gouvernement n'en finit pas de donner des gages à une extrême droite avec laquelle il est compromis et quasiment confondu. L'immigration est-elle instrumentalisée? Oui, et cette opération « dégueulasse » est dangereuse, immorale, révoltante. L'affaire des tests ADN est grave. L'usage des empreintes ADN est réservé en France à un objectif strictement médical, essentiellement le dépistage de certaines maladies génétiques. Quant aux prises d'empreintes destinées à identifier un individu ou une filiation, elles ne sont autorisées que sur demande d'une autorité judiciaire. J'ajoute que le droit français a toujours dissocié la filiation de la biologie, fort heureusement, et comme la plupart des pays démocratiques au demeurant. La droite pousse l'hypocrisie jusqu'à justifier ces tests par la défaillance des services d'état civil de certains pays: bien évidemment, la démarche visera en priorité le continent africain. Ce type de raisonnement renvoie à des stéréotypes simplistes, déjà exprimés par le chef de l'Etat dans son discours de Dakar. En opposant l'homme Africain à l'homme européen, en les enfermant l'un et l'autre dans des schémas pré-établis, Sarkozy a fait plus que reprendre à son compte les thèses néocolonialistes, il a implicitement validé le concept de « race ». Cela, c'est le racisme à l'état brut. Pour les tenants de cette logique, le test ADN, en effet, n'est qu'un « détail », comme l'a affirmé François Fillon. Pour tous les républicains au contraire, le test génétique, loin d'être un « détail », est une violation absolue de nos principes fondateurs. Nous nous sommes battus à l'Assemblée, au Sénat, nous nous battrons mardi matin en commission mixte paritaire, pour supprimer l'amendement Mariani. Nous saisirons le Conseil constitutionnel si nécessaire. Nous ne céderons pas car il s'agit bien d'une question essentielle qui porte sur les valeurs fondamentales de la République et sur une conception de l'homme que la Constitution française garantit et protège.