Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
L'UMP est donc la chose de Nicolas Sarkozy. On s'en doutait un peu. Ne pouvant officiellement présider à la fois la France et un parti politique, le chef de l'Etat a réglé le problème à sa manière. Le secrétaire général, Patrick Devedjian, est un de ses obligés. Pour le reste, il a mis en place une espèce de direction collégiale façon Kremlin qui est le meilleur moyen d'organiser l'impuissance, et d'éviter l'apparition d'un concurrent politique potentiel. Neuilly est aussi la chose de Nicolas Sarkozy. Il a intronisé pour les municipales l'un de ses chouchous, le jeune David Martinon, au nez et à la barbe des militants UMP locaux qui ont certes déclaré que « Neuilly n'est pas une annexe de l'Elysée » mais qui se voient malgré tout placés devant le fait du prince. La République aussi est la chose de Nicolas Sarkozy. Il veut imposer à marche forcée, secondé par son fidèle Edouard Balladur, une réforme constitutionnelle qui augmentera ses pouvoirs sans mise en cause possible de sa responsabilité politique. C'est un hold-up qui se prépare, contre lequel même le président du groupe UMP du Sénat, le très aristrocratique Josselin de Rohan s'est élevé lors des journées parlementaires de Strasbourg, en annonçant son opposition au régime présidentiel. Sarkozy verrouille tout, verrouille trop, la fronde vient aujourd'hui de ses rangs. Les plus avisés, tels Pierre Méhaignerie, soulignent l'urgence d'obtenir des résultats en termes de finances publiques, de croissance, d'emploi, de pouvoir d'achat. Sans cesse remis à sa place de simple « collaborateur », le premier ministre lui-même fait pression à sa manière pour que les réformes nécessaires soient mises en chantier. Sarkozy n'en a cure: si l'UMP râle un peu, elle plie toujours. Mais la France n'est pas l'UMP. La crédibilité du chef de l'Etat commence à baisser. Que cette pente se confirme, et il devra rendre des comptes, y compris aux siens, que la perspective des élections municipales inquiète. Le pouvoir personnel est un grand danger pour la démocratie: il l'est aussi pour celui qui l'exerce.