Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Depuis hier, les députés discutent du projet de loi de finances pour 2008. L'exercice est cette année particulièrement retors, puisque la vérité n'est pas dans ce qui est dit mais dans ce qui est tu. La ministre de l'économie affirme qu'elle veut renforcer la croissance et maîtriser la dépense publique. Eric Woerth se targue même de « transparence et de sincérité ». Je dénonce au contraire l'opacité et la dissimulation de ce budget 2008. La croissance sera inférieure aux prévisions du gouvernement, et la dette publique, qui a progressé depuis 5 ans de 6000 euros par Français, atteindra 64,2% du PIB fin 2007. L'économie française pâtit de l'héritage de la précédente législature et du choix fait depuis six mois de privilégier la rente sur le travail, notamment au travers du paquet fiscal voté cet été. Le budget 2008 ne propose rien pour relancer la croissance, rien pour revaloriser le pouvoir d'achat des ménages, rien pour favoriser l'investissement des entreprises, rien pour rétablir la balance commerciale. Bien au contraire : le pouvoir d'achat des ménages ne cesse d'être sacrifié, le Smic et la prime pour l'emploi n'ayant pas été réévalués au-delà de l'inflation ; les entreprises, confrontées à la dégradation de leur taux de marge et de leur taux d'autofinancement, continuent de détruire des emplois. Le déficit sans précédent de notre commerce extérieur se poursuivra, car si notre pays n'a pas tiré bénéfice de la vitalité du commerce mondial au cours de ces dernières années, il pâtira certainement du retournement de la conjoncture internationale. Il faut bien constater, dès lors, que ce budget est insincère. Après les élections municipales, sonnera l'heure de vérité. En mars 2008 viendra la politique de rigueur avec son cortège d'augmentations d'impôts. La manoeuvre s'apparente à du poker menteur, elle est grossière et indigne.