Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
L'Assemblée nationale examine demain le « projet de loi relatif à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile ». Ce texte, le 4ème en 4 ans, poursuit un objectif avoué mais inutile: restreindre le nombre de regroupements familiaux alors même que ceux ci sont en constante diminution. L'important est donc son objectif inavoué: stigmatiser les immigrés, les rendre responsables de tous nos maux. Juridiquement, le projet est contestable. Le droit de vivre en famille découle en effet du préambule de la Constitution et de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Ce droit fondamental doit être ouvert aux étrangers comme aux ressortissants nationaux, ce qui ne sera plus le cas. Le nouveau dispositif bafoue donc aussi le respect du principe d'égalité. Autant dire que le texte dont les députés seront saisis demain est la première expression de ce « ministère de l'immigration et de l'identité nationale » qui fait de la France une exception honteuse. L'escalade ne fait que commencer. En commission des lois, le bon élève de la classe UMP, le député Mariani, a fait voter un amendement qui prévoit que des tests ADN pourront être pratiqués sur les candidats au regroupement familial pour vérifier leur lien de filiation. Le fayot de service, le ministre Hortefeux, a convoqué et tancé les préfets dont les performances en matière d'expulsions ne remplissent pas les objectifs. Sarkozy peut être content: sa majorité ne recule devant rien pour lui complaire. Il est indéniable que la maîtrise des flux migratoires est une nécessité. Une politique intelligente serait de développer en amont, avec les pays d'émigration, des actions de co-développement afin de combattre la misère qui pousse des hommes, des femmes et des enfants, à fuir leur pays. Nicolas Sarkozy et ses amis font le contraire. Ils instaurent, assument et aggravent une politique injuste, raciste, discriminante, fondée sur une logique de suspicion et d'exclusion. Elle ne peut qu'échouer, et ils le savent parfaitement. Cela s'appelle le cynisme en politique. C'est détestable. Pire, c'est dangereux.