Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Si Sarkozy n'existait pas, Parisot l'inventerait! Elle boit du petit lait après le discours sur les chantiers sociaux que le président de la République a prononcé hier. Quant à lui, qui avait un peu déçu à l'université d'été du Medef, il a eu droit à sa session de rattrapage. Il est clair que son calendrier remplit d'aise le patronat. La croissance chute, l'emploi stagne, les déficits se creusent, même le premier président de la Cour des comptes s'émeut du « paquet fiscal ». Qu'à cela ne tienne, dans 15 jours tout ira mieux! C'est ce qu'a expliqué hier un Sarkozy plus thatchérien que jamais. Sur le fond, peu de nouveauté par rapport aux propositions de sa campagne électorale. Son discours confirme même en les explicitant des orientations qui sont connues: une privatisation de la sécurité sociale, une fragilisation extrême des salariés au travers notamment de la « modernisation » du contrat de travail, une accélération de la logique libérale, et l'inégalité érigée en règle. Sur la méthode, c'est le pacte social lui même qui risque d'exploser. Les syndicats sont consultés à condition d'être d'accord. S'ils le sont, il n'y a pas lieu d'engager avec eux des négociations longues. Et s'ils n'approuvent pas, pourquoi perdre du temps avec eux? Cela n'est plus de la concertation, c'est de l'instrumentalisation. Dans le monde selon Sarkozy, les syndicats doivent approuver ou disparaître. Après le « paquet fiscal », voici le « paquet patronal ».