Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Premiers nuages pour Sarkozy? Déjà? Les sondeurs notent cette semaine, dans leur langage fleuri, un « recul de l'approbation de son action »: - 5 points, en effet, dans le baromètre Ifop-Match. Il y a d'autres signaux. François Fillon, assigné à résidence depuis sa prise de fonctions, se rebelle dimanche et bouscule le calendrier du président sur la réforme des régimes spéciaux. Peut-être relaie-t-il les interrogations d'une partie de la droite, sceptique devant des prudences, voire des reculs, bien éloignés de la « rupture » tant revendiquée durant la campagne électorale. Des éditorialistes de droite suggèrent à demi-mots que la démocratie d'opinion a ses limites et que le moment viendra pour le président où il devra dire aux Français des vérités qui les dérangent. A l'étranger, les méthodes de Sarkozy sont souvent peu appréciées. Son double jeu avec la presse américaine durant ses vacances a été très mal perçu outre-Atlantique, surtout lorsqu'il a menacé verbalement deux photographes de presse qui n'avaient rien de paparazzi. Ses relations avec Angela Merkel commenceraient à se détériorer, la chancelière allemande étant excédée par la propension du chef de l'Etat français à se donner le beau rôle. Reproche que les instances européennes qui négociaient depuis des mois la libération des infirmières bulgares partagent sans aucun doute. Ce ne son que quelques exemples. Mais décidément, un président de la République n'a pas vocation, ni du point de vue des institutions, ni du point de vue de la démocratie, ni même du point de vue de l'opinion, à être en première ligne en permanence. Cette question sera au coeur du débat sur la réforme des institutions confiée au comité Balladur.