Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
La démocratie française ne sort pas renforcée de l’élection présidentielle. Elle pourrait être menacée au lendemain des élections législatives. Le dessein de Nicolas Sarkozy est malheureusement clair : il cristallise la bipolarisation de la politique française en récupérant les électorats du centre droit jusqu’à l’extrême droite, dans une démarche qui tient plus de la coercition que du rassemblement. Il déséquilibre ensuite cette bipolarisation, en affaiblissant l’opposition de gauche au prix de quelques débauchages et de coupables ambiguïtés sur ses projets. Si le chef de l’Etat réussit son entreprise, il aura à l’Assemblée nationale une majorité écrasante. Avec 41% des suffrages, la droite pourrait détenir jusqu’à 80% des sièges à l’Assemblée nationale, à la faveur d’un mode de scrutin qui fait figure d’exception européenne. Ce qui signifie que 47 % des électeurs ne seraient représentés que par 20% de députés. Qui ne voit les dangers d’une telle répartition ? Elle étoufferait durablement l’expression au parlement de la diversité des opinions des Français. Elle neutraliserait le contrôle de l’exécutif exercé par l’opposition parlementaire Finalement, elle paralyserait nos institutions, intégralement confisquées par l’UMP. Il reste six jours pour refuser ce monopole, qui est le contraire de la démocratie.