Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
22 avril 2007 : au premier tour de l’élection présidentielle, Ségolène Royal recueille 9,5 millions de voix et François Bayrou en obtient 6,8 millions. Au second tour, le 6 mai, près de 17 millions d’électeurs font confiance à Ségolène Royal.
Trois semaines ont passé. Un siècle, dirait-on. Au cours duquel ces 17 millions de Français auraient disparu ! Absorbés, dilués, dans la grande marmite sarkoziste où bouillonne la bonne soupe médiatique ! C’est évidemment faux, et j’en veux pour preuve deux exemples, parmi d’autres. Jeudi dernier, un hebdomadaire nous livre un sondage passionnant, réalisé le 19 mai, 24 heures après l’annonce de la composition du gouvernement Fillon : « 64% de Français portent un jugement favorable sur l’action du président de la République et 60% sur l’action du premier ministre »… Quelles décisions ? Leur seule prestation a été la Nike-party servie copieusement sur nos plateaux-télés durant tout le week end. Aujourd’hui, on apprend que 61% de personnes interrogées désapprouvent les franchises non remboursables sur les soins médicaux dont Roselyne Bachelot a confirmé hier le principe.
Donc, si je comprends bien, les Français soutiendraient un président et un gouvernement dont ils désapprouvent la première mesure concrète annoncée. Vont-ils aussi, puisqu’ils estiment à juste titre que le parlement doit être plus représentatif de la diversité des opinions politiques, voter le 17 juin prochain pour la seule formation qui ne propose pas d’introduire une part de proportionnelle dans le mode de scrutin et se prépare au contraire à exercer de manière absolutiste le pouvoir législatif ? Pendant des mois, au cours de la campagne présidentielle, et aujourd’hui, alors qu’approchent les législatives, les Français n’ont cessé de manifester leur attachement à une vraie démocratie, diverse et pluraliste.
Je suis sûr, en dépit du silence radio, du silence télé, de la désinformation ambiante, qu’ils sauront comment faire entendre leur voix. Avec force !