Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Toute femme ou tout homme quittant une entreprise ou une administration à laquelle il a consacré l’essentiel de sa vie ressent une légitime émotion, peut être une vraie tristesse, et sûrement une appréhension de l’avenir. Jacques Chirac dimanche soir, annonçant officiellement aux Français une décision qui n’est pas une surprise, éprouvait sans doute, à l’échelle de sa fonction, cette palette de réactions humaines. Pour le reste, Chirac nous a offert du Chirac, ce mélange inimitable de grands sentiments et de petits arrangements. A son habitude, il s’est paré de valeurs de gauche pour maquiller son bilan de droite, retrouvant ainsi les accents de ses campagnes électorales. Certes, chacun lui rendra hommage d’avoir tenu bon dans son refus d’une intervention en Irak, ou d’avoir reconnu la responsabilité de l’Etat français dans la déportation de milliers de Juifs pendant la deuxième guerre mondiale. C’est bien, mais après douze ans à la présidence de la République, c’est peu ! Quant au reste, le bilan est désastreux, tant du point de vue économique et social que sur le plan européen, et il suffit de jeter un coup d’œil sur la presse étrangère pour en découvrir la sévérité. Mais revenons à l’actualité immédiate. Le chef de l’Etat nous a expliqué qu’il ferait connaître dans quelques jours son choix personnel pour l’élection de son successeur. Comme s’il y avait le moindre suspense ! Certes, l’homme a trahi son camp pour convenances personnelles, en 1974 et en 1981 par exemple. Cette fois, il n’a aucune raison de faire des infidélités à sa famille politique. Non qu’il se soit assagi avec les années, mais parce que ce n’est pas son intérêt. L’objectif de Jacques Chirac est désormais de préserver sa tranquillité future, qu’il s’agisse de son éventuelle nomination à la tête d’un grand organisme international –hypothèse souvent évoquée par les médias-, mais aussi, plus prosaïquement, de sa situation pénale dès lors que son impunité présidentielle sera perdue. Voilà pourquoi il soutiendra le candidat UMP. Son appel au refus des extrémismes, pour sincère qu’il soit de la part d’un homme insoupçonnable à cet égard, n’est sans doute que le préalable à cette annonce, une sorte de précaution oratoire avant l’adoubement que le président de la République accordera dans quelques jours à Nicolas Sarkozy.