Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Selon Jean-Louis Debré, cité par Le Nouvel Observateur de cette semaine, Nicolas Sarkozy est un « fasciste ». Jusqu’ici, c’est un qualificatif qu’à ma connaissance personne d’autre ne lui a attribué. En effet, si le ministre de l’Intérieur est indéniablement un homme très à droite, aux orientations très sécuritaires et aux réflexes très autoritaristes, si le candidat de l’UMP se montre exaspéré par toute critique et totalement machiavélique, et si l’addition de ces tendances accrédite le sentiment de peur qu’il inspire à une grande majorité de Français, cela n’en fait pas un « facho » au sens strict. Hier soir, pourtant, Nicolas Sarkozy a franchi la ligne jaune. En annonçant comme priorité, s’il était élu, « une nouvelle loi sur l’immigration » dès le mois de juillet, pilotée par un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale » dont le seul intitulé fait frémir, Sarkozy révèle sa face sombre. Il est le seul ministre de l’Intérieur à avoir fait voter par le parlement deux lois sur l’immigration en trois ans. Annoncer qu’il remet sur le chantier son propre ouvrage signifie qu’il n’a pas pu comme ministre aller aussi loin qu’il l’aurait souhaité, dans les restrictions au regroupement familial notamment. Le président de la République qu’il aspire à devenir, rêve donc d’achever le travail du ministre de l’Intérieur qu’il est encore. Cette annonce est le deuxième gage donné aux électeurs du FN en une semaine, après l’étrange appel aux parrainages en faveur de Le Pen. Le candidat UMP est-il si inquiet de la progression de François Bayrou qu’il « extrême-droitise » sa campagne ? « Oui, je cherche à séduire les électeurs du FN, j’irai même les chercher un par un, ça ne me gêne pas », déclarait-il en mars 2006. Là est bien le problème, rien ne gêne M. Sarkozy. Rien non plus ne lui fait honte. Car associer « immigration » et « identité nationale », c’est la honte.