Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Avec un unanimisme presque parfait, les médias nationaux cette semaine font leurs choux gras du pseudo « flottement » de la campagne de Ségolène Royal. Il est vrai que les sondages donnent aujourd’hui un avantage à Nicolas Sarkozy, ce qui tout à coup les rend plus crédibles que d’habitude.
Je me demande si cette avance du candidat UMP se confirmera dans la durée, dès lors qu’à ce stade elle reflète le très prévisible effet booster consécutif à sa mise sur orbite par le congrès de son parti.
J’ai aussi du mal à croire que le ralliement général de l’UMP à un candidat sans adversaire soit dénué d’arrière pensées et de ressentiments. Qu’importe, nous sommes submergés de commentaires sur le parfait ordre de marche de ses troupes, et abreuvés d’informations souvent dérisoires censées démontrer les difficultés du PS –souvent fondées sur l’exploitation forcenée de micro-évènements et de ces « boules puantes » dont on nous annonce qu’elles jalonneront la campagne.
Les socialistes ont pourtant la chance d’avoir une candidate qui ne se laisse pas distraire de sa route. Ainsi, les débats participatifs se poursuivent-ils comme prévu jusqu’au 11 février. Ces forums mobilisent fortement les citoyens, sur des thèmes qui les touchent de près, leur permettant de prendre toute leur part dans la réflexion sur la France de demain.
Ensuite, Ségolène Royal présentera son projet, qu’elle tient à appuyer solidement sur les valeurs fondamentales de la gauche. Ce calendrier est maîtrisé. La démarche de Ségolène Royal est donc le contraire de celle de Nicolas Sarkozy : il démarre dans un nuage de poussière et un grand bruit de moteur, elle prend son temps et précise la feuille de route.
Son choix, j’en suis certain, est juste. Je peux comprendre les doutes de ceux que cette méthode très innovante déroute quelque peu. Mais je ne les partage pas. Nous aurions tort d’ajuster notre campagne sur le tempo de Nicolas Sarkozy. Nous n’avons pas à nous positionner en fonction de ses initiatives. Nous sommes différents de lui à tous égards : nos principes, notre conception du pouvoir, notre rapport à la France, sont à l’opposé des siens. Il se bat pour exercer le pouvoir, Ségolène Royal pour changer la vie. Elle sera demain soir à Roubaix, et nous serons tous rassemblés autour d’elle pour la victoire.