Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
A partir de ses discours porte de Versailles le 14 janvier et à Saint Quentin le 25 janvier, les intentions de Nicolas Sarkozy commencent à apparaître clairement. Il a trouvé son style, une sorte de prêche moralisateur, exalté, incantatoire, revendiquant autour de sa personne une réconciliation de la nation en crise d’identité (crise qui reste à prouver, mais qui pour lui, en gros, provient de l’immigration clandestine et des 35 heures). Les thèmes sont martelés en déclinant des formules répétitives en « accroche ». Sur le fond, il ne manque rien : de l’extrême droite à l’extrême gauche, chacun est invité à rejoindre le candidat de l’UMP puisque le clivage droite-gauche, selon lui, est dépassé dans la grande union qu’il promet (ce qui ne l’empêche pas d’accuser les socialistes de trahir Jaurès, le peuple, et la patrie). C’est le ratissage le plus large possible, taille XXL. Malgré le ton qui se veut rassembleur et réunificateur, les catégories sociales sont montrées du doigt, montées les unes contre les autres (travailleurs honnêtes contre assistés qui ne veulent pas s’en sortir, fonctionnaires contre salariés du privé, etc.) Les promesses sont trop contradictoires pour avoir la moindre chance d’être tenues, mais ce qui est certain, c’est que les libertés publiques ne seront plus garanties, noyées dans un grand credo libéral qui privilégie la liberté individuelle, donc la loi du plus fort. Sarkozy capte jusqu’au ridicule les héritages de la gauche ; qu’il ne cherche plus, il est le digne fils de Mme Thatcher.