Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Depuis 25 ans, la France aura connu six fois l’alternance à l’occasion des élections législatives.
Depuis 25 ans, la droite et la gauche se sont partagé le pouvoir.
Personne ne peut affirmer qu’elles ont gouverné de la même manière.
La droite, chaque fois qu’elle a gouverné notre pays, a servi sa clientèle, les plus aisés, allant même jusqu’à supprimer l’impôt sur la fortune en 1988 ; elle a rogné les protections collectives, sacrifié les budgets de l’éducation, mis à mal les services publics…
Elle a même fait pire que montrer son seul visage libéral en légitimant, au détour de certains textes, les relents du discours de l’extrême droite (des « mauvaises odeurs » de Jacques Chirac aux « immigrés choisis » ou à la « racaille » de Sarkozy.
La gauche, quant à elle, a t’elle rempli son contrat ? Oui, sans doute, si l’on se réfère aux 110 propositions de François Mitterrand mises en œuvre pour l’essentiel par Pierre Mauroy. Oui, sans doute aussi, si l’on évoque le RMI, la couverture maladie universelle ou les 35 H.
Mais, alors que la France s’est enrichie chaque année depuis 25 ans, que la bourse distribue chaque année des dividendes à 2 chiffres (17 % en 2006), force et de constater qu’il y a de plus en plus de pauvres dans notre pays, qu’il manque encore 800 000 logements en France, que même certains salariés ne peuvent accéder à un toit, que l’école est de moins en moins l’ascenseur social républicain que Jules Ferry voyait en elle.
C’est donc que l’alternance ne suffit plus, qu’il faut que ça change et que ça change vraiment !
C’est sans doute la chance qui s’offre à nous avec Ségolène Royal.
J’aime qu’elle nous dise qu’elle veut enrichir le projet des socialistes avec les Français dans une forme nouvelle de démocratie participative.
J’aime qu’elle bouscule avec son pragmatisme les adeptes du politiquement correct (dont je suis) qui se sont satisfait jusqu’à présent de projets finement ciselés dans l’équilibre des courants de notre Parti.
J’aime qu’elle nous exhorte à changer notre vocabulaire, à ne plus parler de « Français de 2ème génération » mais de « Français » tout simplement.
J’aborde 2007 et les échéances qui nous attendent comme l’année où la politique pourrait redevenir pour les Français désirable.
J’aborde 2007 en espérant que cette année sera bien sûr celle de l’alternance, mais surtout celle du choix résolu d’une autre politique et aussi d’une autre manière de la faire.
Bonne année 2007.