Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Je suis allé ce jeudi visiter l’école Saint-Exupéry, au cœur de ma circonscription.
Je voulais me rendre compte sur place de la réalité de la vie de cette école qui accueille une classe dite de « primo-arrivants ».
Je m’étais fait accompagner d’Ariane Capon, l’emblématique adjointe au Maire de Lille, déléguée aux Ecoles, et de Françoise Rougerie, Présidente du Conseil de quartier de Moulins-Lille dans lequel se situe cette école.
J’en suis sorti abasourdi, assommé et enragé.
Ils sont 30, 40, 50 enfants de moins de 10 ans tous issus de familles non françaises, des Roms d’ex-Yougoslavie, des Guinéens, des Palestiniens, des Algériens… pour la plupart non régularisés et, pour l’essentiel parce que la droite l’a voulu, non régularisables.
Alors en sortant de l’école, ils récupèrent les couvertures laissées le matin dans le bureau de la directrice au cas où aucun foyer ne les accueillerait le soir. Et le matin, ils reviennent, le ventre vide, transis de froid.
Certes, la ville de Lille se mobilise pour leur servir un petit déjeuner ; certes l’Inspecteur d’Académie a nommé une chargée de mission pour pallier aux difficultés rencontrées ; certes les enseignants sont de formidables militants d’humanisme et de générosité mais comment accepter le sort fait par la France à ces enfants et leurs familles ?
Comment accepter que dans la cinquième puissance économique du monde, une fillette tombe d’inanition dans une cour d’école et se retrouve aux urgences de l’hôpital parce que ses parents ne font pas partie des « immigrés choisis » de Monsieur Sarkozy ?
Je recevrai, entre Noël et Nouvel An, les parents sans papier de ces élèves et j’essaierai de les aider et surtout de leur donner un peu de la chaleur du cœur.
Mais ce soir, j’ai la nausée…