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Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.

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Lettre à François Fillon

Monsieur le Premier ministre,

Je me permets d'attirer votre attention sur la dégradation préoccupante de la situation des exilés le long du littoral de la Manche et de la Mer du Nord.

 

Six ans après la fermeture du camp de Sangatte, et selon les chiffres donnés par une organisation aussi fiable que la Croix-Rouge, le nombre d'exilés affluant aujourd'hui dans la région atteint entre 1000 et 1500 personnes en moyenne, équivalent à celui des personnes que le centre hébergeait avant 2002.

 

Cette stabilité des chiffres donne raison à ceux qui ne croyaient pas que la fermeture de Sangatte suffirait à endiguer le flux de migrants. De surcroît, encore plus inquiétante est la détérioration de leurs conditions de vie, qui révèle les manquements de la part de la France au respect d'un certain nombre de droits, en particulier du droit d'asile. L'information et l'accès au droit d'asile ne sont pas garantis à ces exilés, principalement originaires de pays comme l'Afghanistan, l'Irak, l'Iran, le Soudan, la Somalie, l'Erythrée, qui par conséquent relèveraient du droit d'asile s'ils avaient connaissance de la procédure.

 

Par ailleurs, ils ne bénéficient pas du droit à un accueil digne en termes d'hébergement, d'aide alimentaire et d'accès aux soins. La protection due aux personnes vulnérables, en particulier aux nombreux mineurs isolés, qui relèvent de la Convention internationale des droits de l'enfant, ne leur est pas davantage garantie.

 

Enfin, lors des interpellations successives ou des interventions dissuasives opérées par les forces de l'ordre, voire lorsque des mesures de rétention administratives sont décidées, ces migrants sont souvent victimes de méthodes juridiquement et humainement critiquables.

 

Je suis persuadé que vous serez sensible à ces dysfonctionnements regrettables et inconciliables avec la tradition d'accueil de la France, et je vous remercie par avance de bien vouloir m'informer des mesures que vous pourriez envisager pour mettre un terme à ces situations indignes que notre pays ne peut tolérer sans renier ses principes et ses valeurs les plus fondamentaux.

 

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'assurance de ma haute considération.

Bernard ROMAN

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B
Les Grecs utilisent un mot étonnant: xenos qui signifie à la fois l'étranger et l'hôte! Toutes nos relations à l'immigré procèdent de ce double concept. Nos aïeux ont pour beaucoup été, à un moment de notre histoire familiale, les hôtes de la France et des Français.Contemplons nos noms propres! Notre diversité a enrichinon seulement notre économie mais encore notre nation.Pourquoi avons nous laissé se développer le racisme et la xénophobie pernicieux insidieusement dans notre pays pour nous comporter  avec indifférence, pour le moins, à l'encontre denos pauvres frères émigrants sur la côte d'Opale pour l'exemple?J'ai fait la queue, il y a 6 ans, avec ma fille devenue suédoise par le mariage dans les bureaux de la préfecture de Lille pour obtenir  un permis de séjour sur le territoire français; une pancarte " accueil des étrangers" à l'entrée avait perdu une lettre r ce qui donnait " accueil des étranges"; cette élimination de consonne ne serait qu'anecdotique si elle n'avait recouvert cette multitude de difficultés administratives pour un étranger afin d'obtenir le précieux titre de séjour! Au fil des longues heures d'attente il fallait entendre les doléances qui confinaient  parfoisà des colères! J'ai eu l'occasion d'assister à l'arrestation d'un clandestin dans le désert du Fezzan en Lybie par une patrouille militaire; le pauvre hère était complétement démuni! Bien sûr il n'est pas question de porter un jugement sur la politique d'un pays étranger mais j'ai pu mesurer en un instant tout le désespoir de ces migrants qui risquent leur vie pour espérer nourrir leurs familles. C'est innommable et toute la compassion du monde ne suffirait pas à calmer notre conscience! Au Sénégalj'ai découvert bon nombre de ces  reconduits à la frontière dans une ville totalement régie religieusement;  notre passeport moral de français n'est pas particulièrement apprécié! Le bouche à oreilles de ces " renvoyés" ne nous est pas favorable! D'un point de vue pragmatique nos produits ne sont pas très prisés; un jour l'Afrique deviendra un continent développé; vers quels pays producteurs se tourneront alors ses consommateurs?J'ai réalisé 3 coopérations au début de ma vie active notamment en Algérie; bien que titulaire d'un contrat protocolaire franco-algérien je n'ai perçu mon premier salaire dont part française que neuf mois après mon arrivée. Ma famille et moi n'avons jamais été seuls; nous n'avons jamais manqué de rien!Nous avons disposé de crédit en toute confiance sans la moindre signature d'un papier quelconque! Je n'oublie pas!Quoique nous fassions nous ne pourrons pas refouler sans cesse. Il faudra bien trouver des solutions en accord avec notre tradition d'humanisme et de respect d'autrui.Dans le contexte de déstructuration du système économique libéral et peut-être de notre société la vertu du respect d'autrui sera sans nul doute un des piliers fondamentaux de reconstruction!
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