Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Monsieur le Premier ministre,
Je me permets d'attirer votre attention sur la dégradation préoccupante de la situation des exilés le long du littoral de la Manche et de la Mer du Nord.
Six ans après la fermeture du camp de Sangatte, et selon les chiffres donnés par une organisation aussi fiable que la Croix-Rouge, le nombre d'exilés affluant aujourd'hui dans la région atteint entre 1000 et 1500 personnes en moyenne, équivalent à celui des personnes que le centre hébergeait avant 2002.
Cette stabilité des chiffres donne raison à ceux qui ne croyaient pas que la fermeture de Sangatte suffirait à endiguer le flux de migrants. De surcroît, encore plus inquiétante est la détérioration de leurs conditions de vie, qui révèle les manquements de la part de la France au respect d'un certain nombre de droits, en particulier du droit d'asile. L'information et l'accès au droit d'asile ne sont pas garantis à ces exilés, principalement originaires de pays comme l'Afghanistan, l'Irak, l'Iran, le Soudan, la Somalie, l'Erythrée, qui par conséquent relèveraient du droit d'asile s'ils avaient connaissance de la procédure.
Par ailleurs, ils ne bénéficient pas du droit à un accueil digne en termes d'hébergement, d'aide alimentaire et d'accès aux soins. La protection due aux personnes vulnérables, en particulier aux nombreux mineurs isolés, qui relèvent de la Convention internationale des droits de l'enfant, ne leur est pas davantage garantie.
Enfin, lors des interpellations successives ou des interventions dissuasives opérées par les forces de l'ordre, voire lorsque des mesures de rétention administratives sont décidées, ces migrants sont souvent victimes de méthodes juridiquement et humainement critiquables.
Je suis persuadé que vous serez sensible à ces dysfonctionnements regrettables et inconciliables avec la tradition d'accueil de la France, et je vous remercie par avance de bien vouloir m'informer des mesures que vous pourriez envisager pour mettre un terme à ces situations indignes que notre pays ne peut tolérer sans renier ses principes et ses valeurs les plus fondamentaux.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'assurance de ma haute considération.
Bernard ROMAN