Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Le chemin de l'enfer est pavé de bonnes intentions. Celui de l'inefficacité aussi. Hier se tenait la Conférence nationale du handicap, destinée à faire le point de l'application de la loi de 2005. Comme son prédécesseur à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a tenu un discours de volonté et de solidarité sur la place des handicapés dans la société. Louables propos, à condition de ne pas rester dans l'incantation. Et justement, les propositions du président de la République ne lèvent pas le doute à cet égard. Annonce-t-il un pacte pour l'emploi des handicapés? Intéressant, mais les entreprises qui ne rempliront pas leurs obligations ne seront pas sanctionnées. Confirme-t-il la création de 50 000 nouvelles places en établissement en cinq ans? Très bien, mais ni le critère de qualité de l'accueil des personnes handicapées ni le respect du choix de mode de vie pour celles qui préfèrent un accompagnement à domicile ne sont pris en compte. Surtout, la réforme très partielle de l'allocation adultes handicapés ne répond pas aux attentes et aux besoins. Il est indispensable d'instaurer un revenu d'existence. Les personnes handicapées doivent être mieux accueillies dans le monde du travail, c'est évident, mais la moitié d'entre elles ne peuvent pas, ou plus, travailler. Pour elles, la question des ressources est cruciale. Et si le mot « solidarité » a un sens, ne doit-il pas s'appliquer prioritairement, généreusement, naturellement, aux personnes handicapées ?