Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Les Européens cette semaine ont d'autres raisons que le football de se ronger les sangs! L'Irlande, seul pays de l'Union auquel sa Constitution impose la voie référendaire, se prononcera jeudi sur le traité de Lisbonne. L'inquiétude monte car le « non » a progressé dans les derniers jours, alors que depuis des mois, l'approbation du peuple irlandais semblait acquise. Les sondages se contredisent et le résultat dépend désormais du taux de participation et des indécis. Cette campagne me rappelle les mauvais souvenirs du référendum de mai 2005 en France: parasitage des enjeux du fait de l'affaiblissement du gouvernement de Brian Cowen, déni des apports de l'Europe alors que l'Irlande lui doit largement sa vitalité économique; propagation sur le Net de contre-vérités absurdes par les partisans du « non ». Une autre similitude est à regretter: si les peuples n'adhèrent plus au projet de paix et de développement qui fonde la construction européenne, sans doute est-ce en raison d'un déficit d'explication et de pédagogie dont tous les gouvernements et tous les dirigeants politiques partagent la responsabilité. Si l'Irlande dit « non », les Vingt-Sept continueront à fonctionner dans le cadre actuel du traité de Nice, ce qui est la pire des hypothèses. L'Europe sera en panne, durablement. Je ne vois pas à qui profiterait la crise. La victoire du « non » serait la défaite de l'Europe. Il faut que l'Irlande donne son feu vert à l'Europe.