Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
A mi-parcours de la discussion parlementaire sur la révision de la Constitution, le groupe socialiste a décidé que son vote à l'issue de la première lecture sera négatif. Ce choix me satisfait car il est celui de la cohérence. Nicolas Sarkozy veut pouvoir s'exprimer devant le parlement, institutionnalisant ainsi sa position dominante dans l'exécutif. Les députés de droite ont voté lundi soir cette disposition. Elle est sans contre-partie, puisque le chef de l'Etat conserve le droit de dissolution sans risquer lui-même d'être renversé par une motion de censure des députés. En l'état, la révision constitutionnelle aggrave donc le déséquilibre de la Ve République: dans le couple exécutif, celui qui étend son pouvoir restera politiquement irresponsable, et celui qui est politiquement responsable ne conduira plus l'action dont il doit répondre. Un premier ministre affaibli, un parlement infantilisé, réduit à écouter en silence la parole présidentielle, cette configuration n'a d'équivalent dans aucun pays démocratique. La majorité cependant ne trouve rien à redire à cette inquiétante dérive. Par ailleurs, le gouvernement nous refuse toutes les garanties que nous demandons, sur les modes de scrutin, sur la limitation du cumul des mandats – le cumul a même été rétabli, en séance, pour les ministres! -, sur le droit de vote des étrangers, sur la réforme du Sénat et le pluralisme dans l'audiovisuel. Son attitude de crispation et de fermeture ne va pas dans le sens du consensus ni même du compromis. A nos interrogations fondamentales, inspirées du souci d'améliorer la responsabilité de l'exécutif, la représentativité du parlement, et la transparence de nos institutions, la réponse unique est négative. S'il en est ainsi, notre vote aussi sera négatif.