Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
La journée du 22 mai a confirmé une mobilisation massive contre les nouvelles modalités de réforme des retraites. Les Français ont certes compris et admis l'inéluctabilité de l'allongement de la durée de cotisation. Mais le gouvernement aurait tort d'en déduire qu'il peut imposer des solutions dogmatiques et autoritaires. Il devrait mieux mesurer l'ampleur du malaise qui s'exprime, et qu'un certain nombre d'études analysent avec précision. Beaucoup de Français souffrent aujourd'hui d'un stress important dans leur travail, lié à des pressions diverses qui vont du manque de considération à la course à la performance en passant par la culpabilisation des salariés les plus âgés. Dans ce contexte, le préalable à une réforme acceptée des retraites suppose, au-delà de l'urgence d'une revalorisation significative des petites pensions, d'intégrer deux exigences: la reconnaissance de la pénibilité de certains métiers, et la mise en place d'une politique d'encouragement à l'emploi des seniors. Faute de quoi, les déclarations martiales des ministres seront perçues comme hypocrites et surtout inutilement provocatrices. Car la droite aborde la question des retraites et plus largement de l'emploi à partir d'une logique de suspicion à l'encontre des travailleurs français. Derrière les incantations de Nicolas Sarkozy à la gloire de « la France qui se lève tôt », le slogan « travailler plus pour gagner plus », la réforme des retraites, et, dernière trouvaille, cette «offre raisonnable d'emploi » supposée traquer les « faux chômeurs », se profile toujours la méfiance à l'égard des salariés, des chômeurs, des retraités, qui « profiteraient » du système. Ces sous-entendus sont inadmissibles. En matière de créations d'emplois, de relance de la croissance, de revalorisation du pouvoir d'achat, ce gouvernement échoue. Qu'il renonce à l'arrogance et se mette au travail.