Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Le mea culpa est à la mode. Après Nicolas Sarkozy assumant une collection d' « erreurs » jeudi soir à la télévision, voici François Fillon qui revendique sa « part d'erreurs » dans le Journal du Dimanche. Le président de la République et le Premier ministre ont-ils découvert l'humilité ? Pas du tout. Ou la lucidité ? Encore moins. Car les « erreurs » qu'ils reconnaissent ne portent pas sur la politique conduite, dont ils confirment le cap. Ils plaident simplement le défaut de communication : autrement dit, leurs réformes sont bonnes mais mal expliquées... Pourtant, si les Français expriment de plus en plus fortement leur inquiétude, ce n'est pas parce qu'ils ne comprennent rien, mais, au contraire, parce qu'ils comprennent trop bien. La tonalité de la première année du quinquennat a été : « On ne prête qu'aux riches », qui se sont vu offrir le fameux « paquet fiscal » de 15 milliards d'euros. La deuxième année commence sur le thème : « On ne prend qu'aux pauvres », puisque la seule annonce concrète du chef de l'Etat, à savoir la généralisation du revenu de solidarité active, sera financée par un redéploiement de la prime pour l'emploi. Martin Hirsch vient de préciser que le plafond de ressources ouvrant droit à la PPE sera abaissé : demander aux ménages les plus modestes de venir en aide aux plus pauvres qu'eux, voilà un concept dont le gouvernement aura du mal à nous convaincre du bien-fondé. Je suis prêt à parier que le prochain ministre amené à battre sa coulpe sera le « Haut Commissaire aux solidarités actives », qui désormais devrait être appelé « Haut commissaire aux inégalités massives ».