Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Six manifestations en trois semaines, des lycéens de plus en plus nombreux à exprimer leur malaise ; plus la colère des jeunes monte, plus le ministre de l'Education leur ferme la porte. Cela porte un nom : le mépris. Et cela crée un risque d'escalade. Indifférent aux revendications des lycéens, Xavier Darcos écarte également d'un revers de main les interrogations des parlementaires de gauche. Hier encore à l'Assemblée nationale, alors qu'un député socialiste démontrait que le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux se traduirait dans l'éducation nationale par la suppression de 85 000 postes d'ici 2012, le ministre a une nouvelle fois abordé le problème à l'envers : les coupes budgétaires d'abord, le contenu ensuite. Bref, la réforme sens dessus dessous. Sur une telle base, le dialogue de sourds est inévitable. D'ailleurs, M. Darcos dénonce « cette billevesée socialiste selon laquelle avec toujours plus de moyens, il y aura toujours plus de réussite ». Plus direct encore, le président de la République, selon un hebdomadaire bien renseigné, ne cache pas ses objectifs et ne mâche pas ses mots : « Il y a eu 40 000 manifestants dans la rue, et alors ? Il faut dépasser la couardise ambiante et affronter les vrais responsables : les syndicats d'enseignants ». Nous y voilà ! C'est une vieille rengaine de la droite de croire que les élèves sont manipulés par les professeurs, alors que, tout simplement, ils partagent le même quotidien, avec ses difficultés et ses espoirs. Reste qu'un pouvoir qui n'entend pas la jeunesse du pays qu'il dirige est bien mal en point.