Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Vendredi prochain, la direction d'ArcelorMittal, groupe qui affiche 10 milliards de bénéfices en 2007, devrait annoncer la fermeture partielle de l'aciérie de Gandrange en Moselle. Motif : un « plan de restructuration ». Conséquence : la suppression de 575 des 1108 emplois de cette usine. Plus de la moitié. Un désastre pour les ouvriers mosellans. Le 4 février dernier, le chef de l'Etat assurait pourtant que l'Etat était « prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires » pour maintenir en activité le site, précisant même : « Soit nous arrivons à convaincre Lakshmi Mittal de revenir en arrière sur son projet et nous investirons avec lui, soit nous trouvons un repreneur et nous investirons avec lui ». C'était clair et net, à ceci près que le groupe, sauf revirement de dernière minute, n'envisage ni abandon de son projet ni cession du site. Nicolas Sarkozy trahit donc ses engagements les uns après les autres. De ses thèmes de campagne, il ne reste plus qu'un lyrisme à l'époque un peu désuet, aujourd'hui tristement dérisoire. Relisons son discours de Saint-Quentin, le 25 janvier 2007 : « J'ai visité beaucoup d'usines, rencontré beaucoup d'ouvriers. Dans les usines, on parle peu. Il y a beaucoup de pudeur chez les ouvriers. Il y a une culture ouvrière. Je ne veux pas que cette culture ouvrière se perde. Je ne veux pas d'une France sans usine. Si les usines partaient, le reste partirait aussi. Les services aux entreprises partiraient. Le marketing, la finance, la recherche appliquée, partiraient ». Ils partiraient en poussière, comme les promesses oubliées.