Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Le président de la République vient de s'offrir une sorte d'appel de Londres qui soulève bien des inquiétudes. Ainsi, les parlementaires britanniques ont été informés de la décision du chef de l'Etat d'envoyer des renforts en Afghanistan avant les députés français ! Nous sommes la seule démocratie occidentale dans laquelle une situation de guerre peut être prolongée et un renfort de troupes envoyé sans avis du Parlement, sans même son information. Sur la forme, la méthode est cavalière. Sur le fond, la décision est grave. Au moment où certains membres de l'OTAN s'interrogent sur leur maintien dans le bourbier afghan, Nicolas Sarkozy décide, sans en référer à quiconque, de renforcer le dispositif français en Afghanistan. Il concrétise ainsi son alignement sur George W. Bush, qu'il confirmera dans quelques jours en annonçant le retour de Paris dans le commandement intégré de l'Alliance atlantique. Devant la fronde des parlementaires, et à la suite des demandes formulées par le groupe socialiste, un débat est prévu demain à l'Assemblée nationale. Il vient trop tard, puisqu'il succèdera à la décision au lieu de la précéder. Nous pourrons certes y exprimer notre scepticisme sur la pertinence du maintien de notre présence en Afghanistan, demander des précisions sur son coût humain, mais nous ne serons pas consultés sur l'opportunité de la décision du chef de l'Etat, ni sur ses modalités, notamment budgétaires. La désinvolture de l'exécutif, qui assure pourtant vouloir renforcer le rôle du Parlement dans nos institutions, est affligeante. Et que dire de la consternante contre-attaque du Premier ministre ? François Fillon a affirmé hier devant des millions de téléspectateurs qu'il n'y a jamais eu de vote au Parlement sur l'envoi de forces en opération militaire à l'étranger. En janvier 1991, François Mitterrand avait convoqué une session extraordinaire, afin d'organiser un débat et un vote du Parlement sur la participation de la France à la guerre du Golfe. Monsieur Fillon était à l'époque député.