Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Certains jours, la campagne présidentielle paraît très loin. Le président et ses ministres ont en effet totalement oublié les discours du candidat Sarkozy. Ce dernier avait certes annoncé le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Mais en contrepartie, il s'engageait, conformément à sa promesse d'être « le président du pouvoir d'achat », sur des traitements plus élevés et des carrières revalorisées. A l'épreuve des faits, quelle déception! Lundi se sont ouvertes les négociations salariales dans la fonction publique. Dès le départ, le secrétaire d'Etat en charge du dossier, André Santini, a donné le ton: « Les caisses sont vides, les fonctionnaires le savent bien ». Tous les Français aussi, puisque le chef de l'Etat, après avoir délesté de 15 milliards, dès le mois de juillet 2007, les « caisses de l'Etat », a constaté qu'elles étaient « vides ». Les organisations syndicales se prononceront ce soir sur la proposition du gouvernement, qui met sur la table, en tout et pour tout, une revalorisation de 0,8% du point d'indice, étalée en deux temps: 0,5% au 1er mars, 0,3% au 1er octobre. Cela représente à peine la moitié de l'inflation prévue en 2008. Certes, d'autres points évoqués dans la négociation pourraient conduire à un accord partiel. Mais quoi qu'il en soit, les fonctionnaires auront été trompés, car le point d'indice sert au calcul de leur traitement de base, et s'il n'est même plus réévalué au rythme de la hausse des prix, la paupérisation des agents est programmée. En instaurant un système de garantie du pouvoir d'achat au cas par cas pour certains d'entre eux, le gouvernement espère calmer un peu les inquiétudes. Mais ce mécanisme entérine la rupture du principe des augmentations générales pour couvrir l'inflation. Eric Woerth, ministre du budget, a d'ailleurs reconnu brutalement que « le point d'indice n'a pas pour vocation de couvrir l'inflation ». La fonction publique va pouvoir se serrer la ceinture. Pour elle, la politique de rigueur a déjà commencé.