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Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.

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Le temps perdu

 

Qu'y a-t-il de plus grave en France que l'état d'abandon dans lequel sont laissées les banlieues? Elèves en échec scolaire, jeunes sans emploi, familles mal logées, quartiers dépourvus de services publics, villes enclavées faute de transports collectifs: depuis des décennies, les élus de terrain, les associations, assurent du mieux possible une présence et un soutien auprès des populations confrontées à ces multiples difficultés et discriminations. Mais à leur engagement répond trop souvent le désengagement de l'Etat, qui a nettement empiré depuis 2002. Ministre de l'Intérieur, Sarkozy avait beaucoup parlé, mêlant l'insulte envers la « racaille » aux promesses mirobolantes. Mais il n'a pas agi, et il n'est même jamais revenu sur la dalle d'Argenteuil. Candidat, il avait annoncé un « plan Marshall », dont la présentation, plusieurs fois repoussée, a enfin eu lieu vendredi dernier. Encore un plan, encore un flop. Sur les institutions, sur la croissance, sur les banlieues, le même scénario se répète, au risque de devenir lassant: beaucoup d'ambition au départ, un lancement en fanfare. Une grande déception au final. Les mesures que le chef de l'Etat a énumérées vendredi, certes émaillées de bonnes intentions, ne dérogent pas à cette habitude car elles pèchent par un double défaut structurel. Le premier est leur logique sécuritaire, choquante et inappropriée. Le ton du président est inutilement moralisateur (« il faudra se lever tôt le matin et mériter la confiance de l'Etat ») et dangereusement stigmatisant lorsqu'il déclare une «guerre sans merci à l'endroit des trafiquants ». Le maintien de l'ordre est l'une des missions premières de l'Etat, ce n'est pas un slogan. Et les jeunes des banlieues n'ont pas besoin que l'on s'adresse à eux comme à des délinquants a priori. La deuxième carence est l'insuffisance, voire l'absence, de financement. Il y a un fossé entre l'exigence d'une solidarité partagée au moyen d'une réelle péréquation entre les villes riches et les villes pauvres, et la perspective « d'engager une réflexion sur la répartition des dotations aux collectivités » évoquée par Nicolas Sarkozy. Les Français sont fatigués de ce décalage entre les discours tonitruants et les actes rabougris. Cette lassitude se traduit sur les courbes des sondages, ce qui est le problème de l'UMP. En revanche, le temps perdu pour la France est grave. Les banlieues ne peuvent plus attendre.

 

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G
Comme dans l'émission de télé autrefois:"Merci Bernard"...<br /> ... De rappeler que le problème des Grands Ensembles, devenu aujourd'hui celui des Banlieues, reste encore à résoudre, malgré le temps qui s'est écoulé depuis que le gauche, juste après l'élection de François MITTERRAND, s'y est attaquée, en 1982 sous l'égide de la Commission présidée par feu notre camarade Hubert DUBEDOUT, sous le vocable de Développement Social des Quartiers, devenu ensuite DSU puis avec Borloo Politique de la Ville. J'étais de l'aventure du DSQ, et j'y ai consacré une sacrée énergie. Mais, les Moyens étaient là. D'abord ceux de l'Etat qui a mis à disposition une ligne budgétaire Unique largement dotée, puis en Nord-Pas de Calais, ceux de la Région, présidée par Pierre MAUROY, puis feu notre camarade Noel JOSEPHE, avec le Comité Régional pour le Développement Social des Quartiers: L'Etat, sur chaque opération des sites prioritaires, mettait un tiers, la Région un tiers, et les communes forcément pauvres mettaient le troisième  tiers mais souvent moins, grace aux concours d'autres partenariats(CAF, Départements(de Gauche aussi),etc...) Ainsi des Viles comme Roubaix, au bord de l'abime, Grande Synthe, les Hauts-Champs(j'en fus), Le Portel, detruit à 80% en 1944, et reconstruit ensuite en cabanes de bois(!) ont été reconquises grâce à cette politique. Comme Ministre de la Ville, notre camarade Michel DELEBARRE a créé la dotation se solidarité urbaine . Bref, la volonté politique état là, les moyens financiers ont suivi. Mais sur une telle politique une tâche gigantesque était à faire: des décennies, pas loin d'un siècle même de courrées et de corons à traiter, 20 ans au bas mot, de mauvais habitat collectif produit entre les années 50-55 et 70-75 à restructurer parfois à détruire, des bidonvilles (y compris sur la communauté urbaine de Lille, par dizaines de milliers). Il est de bon ton à droite de se gausser des insuffisances de cette politique de "30 ans" d'erreurs ou d'inefficacité. Mais la reconstruction d'une ville c'est un chantier de 50 ans, le chômage a touché ces quartiers au plus mauvais moment et affecté des générations de jeunes, <br /> Aujourd'hui le Plan "ex-marshall" des Banlieues AMARA-BOUTIN-SARKO va faire psschitt, parce que l'Etat a plombé ses finances avec les 15 milliards d'euros du TEPA, qu'il asphyxie les collectivités territoriales et locales qui voudraient agir mais ne le peuvent à cause du système inique de fiscalité sur lequel leur action repose (et, Bernard, tu soulignes justement que les dotations compensatoires de l'Etat suite à son désengagement de partout ( routes, police, transports, etc..) sont loin de suivre les besoins à quelque niveau de compétence qu'on se trouve(voir Martine AUBRY pour Lille, Dominique BAERT pour LMCU, Bernard DEROSIER pour le département du Nord, Daniel PERCHERON ou toi même,sontVice-Président aux Finances,pour la Région)<br /> Alors, nous la gauche, retroussons nos manches pour qu'aux Municipales, aux Cantonales, aux prochaines Régionales, apparaissent de puissants contre-feux à "Sarko 1er", et que nos collectivités cessent de se faire plumer par le pouvoir central UMP, mais qu'au contraire elles en exigent leur dû, par une réforme de la fiscalité locale et un calcul plus honnête des dotations de l'Etat (qui seul perçoit une fiscalité progressive,l'IRPP, et empoche le pactole de la TVA) en contreparties des compétences qu'il transfère auxdites collectivités.
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