Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Il n'y aura pas de plan de rigueur, c'est ce qu'a assuré hier encore le premier ministre à l'Assemblée nationale. Sa ministre des finances persiste à affirmer avec un aplomb stupéfiant que l'économie française est solide. Qu'on en juge: l'inflation s'aggrave, le pouvoir achat se dégrade, la dette s'alourdit, le déficit du commerce extérieur plonge, et maintenant la crise financière et boursière fait craindre une possible récession. Le moral des Français n'a jamais été aussi bas depuis vingt ans, l'inquiétude majeure des ménages portant sur leur niveau de vie futur. Ces angoisses sont légitimes. Les menaces sont réelles. Le moins que l'on puisse attendre de nos dirigeants politiques dans ce contexte est d'anticiper, d'informer, de gouverner, tout simplement. Une sorte de service minimum dû aux Français qui les ont portés au pouvoir. A cet effet, les députés socialistes demandent depuis plusieurs semaines que le gouvernement engage avec le parlement, avant les municipales, un débat sur sa politique économique et financière. Le premier ministre répond: « Circulez il n'y a rien à voir », et Christine Lagarde: « Tout va très bien madame la marquise ». Pourtant Sarkozy a reconnu que « les caisses sont vides ». Fillon s'est plaint que que le pays soit « en faillite ». Et le ministre du budget, Eric Woerth, a estimé hier en commission des finances que les caisses sont « plus que vides ». En toute logique, il faudra bien, très vite, redresser la barre, et en tout cas prendre des décisions avant juin, date à laquelle la France présidera pour six mois l'Union européenne. Seulement voilà, annoncer ces perspectives à la veille de municipales que le pouvoir en place redoute, ce serait calamiteux. Les décisions viendront, pourtant, dès le printemps. La TVA sociale est quasiment dans les tuyaux, l'augmentation de la CSG aussi. Rendez vous le 24 mars. Une période sans élections s'ouvrira. Sarkozy pourra agir à sa guise. Il y aura, forcément, une cure d'austérité pour les Français, de nouveaux prélèvements, de nouvelles injustices, des ponctions supplémentaires sur le pouvoir d'achat des plus fragiles. Mais chut! Pour l'heure, le seul objectif du gouvernement est de limiter la casse lors du prochain scrutin, quitte à se contredire, à se taire, à mentir. Même le président, dont la dégringolade se poursuit dans les sondages, se fait discret: un aveu, en quelque sorte.