Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Jeudi prochain, à l'initiative du groupe socialiste, l'Assemblée nationale examinera une proposition de loi visant à soutenir le pouvoir d'achat des ménages face à la hausse des produits pétroliers. Depuis plusieurs semaines, lors des questions d'actualité, nous rappelons au gouvernement l'urgence de mesures en faveur du pouvoir d'achat. Depuis plusieurs semaines, nous exigeons l'organisation d'une conférence sur les salaires du secteur privé et de la fonction publique, la mise en place d'un chèque transport financé par une taxation des super-profits des compagnies pétrolières (12,5 milliards d'euros en 2006 pour Total...), un encadrement des loyers, une transparence totale des marges de la grande distribution et la répercussion sur les consommateurs des avantages obtenus sur les producteurs. Pas de réponse. A son retour de Chine, jeudi sans doute, le président de la République devrait s'adresser aux Français. Son intervention avait été annoncée la semaine dernière. Et puis elle a été différée. Ce report traduit l'embarras du pouvoir. Car les Français ne se satisferont pas des habituelles envolées oratoires suivies de mesurettes inapplicables. Leur première attente est salariale: 65% de Français constatent que leur pouvoir d'achat a diminué au cours des douze derniers mois. Et pour cause. Sarkozy et Fillon font tout à l'envers: pas de revalorisation du Smic, pas d'augmentation de la prime pour l'emploi, aucune mesure pour lutter contre la hausse du prix de l'alimentation, de l'essence et du fioul, rien pour le logement des plus démunis, ni pour les étudiants. Au contraire, des franchises sur les soins médicaux, l'assujettissement à la redevance de foyers jusque là exonérés, sans doute pour compenser les 15 milliards de cadeaux fiscaux aux amis du Fouquet's. Le « président du pouvoir d'achat » est rattrapé par les inquiétudes des Français. Leur colère est à ses trousses.