Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
La liberté de la presse est l’un des signes de bonne santé d’une démocratie. Il est dommage que l’un des candidats à la présidentielle ne conçoive les médias qu’à son service. Deux incidents récents confirment l’irritabilité de Nicolas Sarkozy dès qu’il n’est pas traité conformément à ses exigences. Le 18 mars dernier, il était invité (avec d’autres) de l’émission de Christine Ockrent France Europe Express. Très énervé de devoir attendre son tour (comme tout le monde) pour être maquillé, il a déclaré que cette émission « l’emmerdait » (sic), s’est indigné que les dirigeants de France 3 ne lui déroulent pas le tapis rouge, et a conclu : « Toute cette direction, il faut la virer. Je ne peux pas le faire maintenant, mais ils ne perdent rien pour attendre, ça ne va pas tarder ». Dix jours plus tard, interrogé par la rédaction régionale de France 3 avant son meeting à Lille, il n’a pas supporté la présentation du conflit qui l’a opposé il y a quelques mois aux salariés de l’imprimerie nationale de Flers-en-Escrebieux à propos de la fabrication des passeports biométriques. Là encore, grosse colère du candidat UMP : « J’ai déjà vu des reportages malhonnêtes, mais celui-ci… félicitations ». La Société des Journalistes de France 3 s’est déclarée « scandalisée par une telle attitude de la part d’un candidat à la plus haute magistrature de France », et « inquiète que M. Sarkozy puisse afficher sans aucune gêne un tel mépris pour l’indépendance des chaînes de service public ». Effectivement, Nicolas Sarkozy ne connaît que la logique de l’affrontement et du rapport de forces. Il considère que ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui. Chez un enfant, ce comportement dénote un peu d’immaturité. Chez un éventuel futur chef de l’Etat, c’est la marque d’une faiblesse très inquiétante.