Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Airbus, c’est l’entreprise qui depuis des années fait la fierté de l’Europe et qui aujourd’hui n’est pas loin d’en être la honte. Le plan de restructuration annoncé prévoit en effet la suppression de 10 000 postes, dont 4 300 en France. C’est un véritable choc pour des salariés qui vont payer les pots qu’ils n’ont pas cassés. Le gouvernement actuel, et son candidat sortant, sont extrêmement mal à l’aise, car leur responsabilité est immense dans ce fiasco, même s’ils l’ont toujours niée. Je me rappelle à cet égard que les députés socialistes l’ont interpellé à maintes reprises, et notamment le 20 juin 2006, par la voix de François Hollande, au moment où Airbus annonçait des retards de livraison pour l’A 380, où le cours de son action s’effondrait de plus de 25%, et où la seule initiative prise par le coprésident français de l’entreprise était de lever ses stock-options afin de réaliser une plusvalue de 2,5 millions d’euros. Déjà, le premier secrétaire alertait le premier ministre sur le sort d’un millier de salariés de la filiale Sogerma et lui demandait de veiller à ce que l’Etat français, détenteur de 15% du capital, prenne ses responsabilités. Et face à des questions aussi essentielles, que fit M. de Villepin ? Il botta en touche en déclarant : « Je dénonce, monsieur Hollande, la facilité, et je dirais même, en vous regardant, la lâcheté de votre attitude ». Cette attitude de déni, d’incompétence et de mépris, continue. Alors que Ségolène Royal a rencontré dès jeudi les salariés d’Airbus, qu’elle évoquera demain avec Angela Merkel la manière dont la France et l’Allemagne peuvent trouver ensemble des solutions, alors que huit de nos présidents de région lancent une initiative intelligente, M. Breton balaie d’un revers de main l’ensemble de ces initiatives, et M. Sarkozy prépare dans la précipitation des annonces destinées à faire oublier que, sur son banc de ministre pendant la majeure partie de la législature, il n’a jamais levé un sourcil lorsque nous tirions la sonnette d’alarme. M. Sarkozy s’apprêterait à rencontrer des salariés licenciés d’Airbus. Osera-t’il leur proposer de « travailler plus pour gagner plus … » ?