Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Monsieur Nicolas SARKOZY
Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur,
de la Sécurité intérieure et de l’aménagement du territoire
Place Beauvau
75800 PARIS
Paris, le 5 décembre 2006
Monsieur le Ministre d’Etat,
Pour la deuxième fois en quelques semaines, l’image de la police, dont vous avez la charge, est ternie dans la région Nord-Pas-de-Calais et plus particulièrement dans la circonscription dont je suis l’élu, par des pratiques indignes de notre République.
Il y a quelques jours, la justice a mis à jour les pratiques douteuses des agents de la CRS 37 de Strasbourg qui avaient accusé quatre jeunes gens de violences à leur égard à la suite d’un contrôle d’identité. Ces allégations mensongères ont même été confirmées par un autre policier du commissariat de Wattignies, qui avait à l’époque affirmé s’appuyer sur l’enregistrement effectué par les caméras de surveillance du centre commercial dans lequel ces faits se seraient produits.
En effet, à l’audience, les bandes vidéo ont totalement démenti l’ensemble de ces allégations, qu’il s’agisse des violences prétendument commises par les quatre jeunes interpellés, du renfort que leur auraient apporté d’autres jeunes, ou encore de l’intervention que les vigiles du magasin Auchan auraient finalement été contraints d’effectuer pour secourir les policiers.
Ces mensonges d’agents des forces de l’ordre, placés sous votre responsabilité, ont eu pour conséquence de placer en détention provisoire pendant cinq semaines quatre jeunes que la justice a relaxés à l’issue de l’audience.
Comment peut-on accepter de voir plusieurs fonctionnaires de police mentir de manière concertée et délibérée, allant même jusqu’à réclamer des dommages et intérêts pour des agressions inventées de toutes pièces, et n’hésitant pas à laisser emprisonner des innocents.
Dans notre démocratie, dans notre République, la liberté de chacun est le bien le plus précieux et le plus imprescriptible auquel le ministre de l’Intérieur est chargé de veiller scrupuleusement. Par ces pratiques, que vous n’avez à ce jour pas condamnées, vous avez laissé la République bafouer ce principe essentiel de liberté.
Il est de votre devoir aujourd’hui de faire toute la lumière pour que des mesures appropriées soient prises, que des sanctions exemplaires soient décidées, et que la population puisse de nouveau croire en la police de son pays et surtout en son intégrité.
L’affaire de Faches-Thumesnil est dévastatrice, moins d’un mois après la révélation du report sur l’exercice 2006 de trois à quatre mille faits constatés dans le Nord lors des violences urbaines de novembre 2005, ce qui a faussé les chiffres de la délinquance, alors même que vous vous êtes personnellement engagé à de très nombreuses reprises à communiquer aux élus et à l’ensemble des Français des statistiques fiables permettant de juger des résultats de votre action en matière de sécurité.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le ministre d’Etat, l’assurance de mes salutations distinguées.