Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
La loi Léonetti, votée en 2005, a légalisé l'euthanasie dite " passive ", qui admet que le patient peut refuser toute obstination déraisonnable, autorise le " laisser mourir " et permet aux médecins d'administrer des médicaments anti-douleur fût-ce au risque d'abréger la vie du malade. A l'époque, ce dispositif a été adopté à l'unanimité, parce qu'il ouvrait un indéniable progrès, et parce qu'il satisfaisait à la fois les députés qui n'y voyaient qu'une étape -dont je fais partie- et ceux qui y voyaient un aboutissement.
Après le combat mené au printemps dernier par Chantal Sébire, les insuffisances de cette législation ont été confirmées. Réagissant à l'émotion manifestée dans le pays, le premier ministre a alors commandé un rapport au député Léonetti. De son côté, le groupe socialiste a annoncé son intention de préparer une proposition de loi améliorant la législation sur les droits des malades et la fin de vie, que nous sommes en train de mettre au point.
Une initiative du groupe socialiste s'impose. En effet, le rapport Léonetti, publié début décembre, s'en tient au statu quo. Sa conclusion est que la loi de 2005 doit être mieux connue et le développement des soins palliatifs poursuivi.
Cette position n'est pas acceptable. Elle laisse sans réponses des situations dramatiques, douloureuses, insolubles en l'état actuel du droit. Nous devons à la mémoire de Vincent Humbert et de Chantal Sébire de poursuivre leur combat, afin que les principes de dignité et de liberté qu'ils ont défendus avec un incommensurable courage leur survivent.