Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Il y a les symboles. Forts: le seuil des 2 millions de chômeurs de nouveau franchi en octobre, la hausse mensuelle la plus élevée depuis 15 ans.
Il y a l'inquiétude des Français. Légitime: fermetures en cascades d'entreprises, suppressions massives de postes dans l'industrie automobile, ouvriers mis au chômage technique, " plans sociaux " en préparation. L'emploi en sursis, ou l'emploi déjà perdu, sont une angoisse quotidienne. Les premiers touchés sont les jeunes de moins de 25 ans, les salariés intérimaires ou en CDD.
Il y a l'impuissance du gouvernement. Avouée. Laurent Wauquiez reconnaît: " Nous sommes dans une période difficile qui peut durer un an ". Christine Lagarde admet: " Il est inévitable que le chômage augmente ".
Il y a par conséquent l'exigence d'agir. Vite. Le président de la République promet pour jeudi prochain un plan de relance " puissant ". Attendons. Quoi qu'il en soit, le pouvoir actuel doit reconnaître sa responsabilité. S'il n'est pas à l'origine de la crise, il est comptable de la fragilisation du pays, de la précarité aggravée, du pouvoir d'achat réduit, de toutes ces inégalités que la crise transforme en drames humains. Le président et son gouvernement doivent donc se mettre au travail et réorienter leur politique. Qu'attendent-ils pour le faire, au lieu de discourir?
Car pour l'heure, le double langage domine. Le chef de l'Etat fustige les parachutes dorés et les banquiers. Le rapporteur général UMP de la commission des finances de l'Assemblée nationale en appelle à " remettre sur la table les stock options, les parachutes dorés, les bonus des dirigeants, la politique des dividendes ". Mais pendant ce temps, les députés UMP votent le budget 2009, qui préserve, reconduit et parfois amplifie les avantages fiscaux des contribuables les plus riches!
Le gouvernement se trompe, mais refuse semaine après semaine d'écouter les propositions des députés socialistes. Nous sommes moqués quand nous demandons l'annulation de la loi TEPA et des niches fiscales les plus indécentes. Nous ne rencontrons aucun écho quand nous défendons une politique de l'emploi ambitieuse et des mesures en faveur du pouvoir d'achat. Nous ne sommes pas entendus quand nous estimons qu'un plan de relance dans le secteur du bâtiment permettrait de construire les logements sociaux qui ont été promis mais jamais mis en chantier ou quand nous interrogeons le gouvernement sur les difficultés du secteur automobile. Enfin, nos arguments sont rejetés lorsque nous rappelons que les collectivités territoriales réalisent les trois quarts des investissements publics et que l'Etat devrait renforcer leurs dotations au lieu de les rogner.
Le président de la République et son gouvernement doivent donc sortir de leur bulle et regarder le pays en face. Au lieu de s'interroger par médias interposés sur d'éventuels " débauchages " à gauche en vue d'un prochain remaniement, ce qui n'intéresse pas les Français, qu'ils engagent, et vite, les mesures économiques et sociales ambitieuses qui s'imposent et que, justement, la gauche demande!