Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
C'est donc devenu une véritable manie de ce pouvoir: virer, il n'y a pas d'autre mot, tous ceux qui ne filent pas doux. Lundi sur France 3, le chef de l'Etat, exaspéré par les manifestants qui l'ont interpellé à propos de sa réforme de l'audiovisuel, marmonne entre ses dents un « ça va changer » qui est plus qu'une menace lorsqu'on connaît les projets présidentiels pour la télévision publique. La réaction ce matin de Patrick de Carolis reflète le climat de violence que les diktats du chef de l'Etat ont instauré. Dans le même esprit, la démission du chef d'état-major de l'armée de terre, qualifié par le président d'« amateur » après le drame de Carcassonne, révèle l'ampleur d'un malaise qui couvait depuis quelques mois. Même Raymond Domenech, si l'on en croit la presse, serait dans le collimateur, au motif que « son maintien participerait à la désespérance française »! Sans doute est-il responsable de la dégradation du moral des ménages et de la détérioration du pouvoir d'achat? Tout comme l'Insee, au demeurant, qui participe à la morosité en ayant l'inacceptable outrecuidance de publier une prévision de croissance inférieure à celle du gouvernement. Cette estimation déplaisant à la ministre de l'Economie et des Finances, celle-ci, au lieu de revoir sa copie, met immédiatement en cause les méthodes de l'Insee. Enfin, voilà maintenant la Cour des comptes, qui refuse de certifier les comptes de la branche recouvrement de la Sécurité sociale au motif que son déficit dépasse de 1 milliard le chiffre indiqué par le gouvernement, renvoyée dans ses buts par Eric Woerth, qui devrait pourtant respecter le jugement de la haute juridiction financière. Ces exemples ne sont pas des péripéties. Ils témoignent d'une pratique du pouvoir qui déroge jour après jour aux principes démocratiques.