Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
L'exercice de double langage a commencé. Comme prévu, la majorité a refusé de débattre mardi du principe même d'une réforme du mode d'élection des sénateurs. Elle rejettera demain, avec le même sectarisme, une autre proposition socialiste portant sur le respect du pluralisme dans les médias audiovisuels et notamment sur l'égalité de temps de parole entre l'exécutif, la majorité et l'opposition grâce à la prise en compte des interventions du président de la République. Cette attitude, dans le contexte de l'examen du projet d'une révision constitutionnelle présentée comme une grande avancée pour les droits du parlement et de l'opposition, souligne la duplicité de l'UMP. Car hier soir, en séance publique, le premier ministre a assuré vouloir emprunter la voie de la concertation et a appelé au consensus, invitant « chacun à faire un pas vers l'autre », alors même que nos initiatives parlementaires sont écartées sans examen de leur contenu.. Dans le projet de réforme de la Constitution, nous exprimons depuis des semaines une position cohérente qui consiste à demander une présentation ou à tout le moins des garanties sur les textes d'application. La réforme du mode d'élection du Sénat et l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives sont naturellement indispensables pour améliorer la représentativité et la légitimité du bicamérisme français. La limitation du cumul des mandats pour les parlementaires, le droit de vote des étrangers aux élections locales, sont également indissociables d'une modernisation de notre démocratie. Ces questions, le gouvernement les dédaigne et le président du groupe UMP les qualifie de « surenchères ». Comment dans ces conditions, « faire un pas » ? Devons-nous signer les yeux fermés un chèque en blanc au président de la République, alors que le dispositif qui nous est soumis renvoie pour sa mise en oeuvre à sept lois organiques, quatre lois ordinaires et aux règlements des assemblées parlementaires, toutes modifications que la droite conduira à sa guise ? Les conditions de ce contrat de confiance ne sont pas aujourd'hui remplies. Notre méfiance, elle, reste justifiée.