Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Depuis dimanche soir, Nicolas Sarkozy et ses ministres répètent, rabâchent, martèlent, qu'il n'y a pas eu de vote sanction. Comme s'ils voulaient s'en persuader eux mêmes. De fait, certains candidats UMP défaits mettent clairement en cause un "contexte national défavorable".
Et s'il était vrai que le résultat du premier tour n'a pas valeur d'avertissement, pourquoi le chef de l'Etat lui-même aurait-il cru bon hier de promettre que, « naturellement », il tiendrait compte du message des urnes ? Ses revirements donnent la mesure de l'inquiétude de la majorité. Sarkozy avait dans un premier temps juré de s'investir fortement dans la campagne, pour finalement rester bien en retrait sous la double pression des sondages et des candidats UMP eux-mêmes. Il a ensuite expliqué que le résultat ne changerait rien à sa politique, avant d'affirmer le contraire hier. De surcroît, le choix qu'il a fait à Toulon de remettre l'immigration au coeur du débat politique est une vieille recette destinée à mobiliser la frange la plus à droite de son électorat. Ce n'est pas très glorieux, ce sera probablement inefficace. C'est surtout un aveu : celui de l'usure et de l'impopularité d'un pouvoir qui n'est en place que depuis dix mois et semble déjà à bout de souffle et à court d'idées.