Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Il faut reconnaître à Nicolas Sarkozy une certaine habileté. Conscient de son image dogmatique et autoritaire, il s’emploie à brouiller les repères avant les élections législatives. La droite va détenir tous les leviers de commande, à un niveau jamais atteint. L’Etat UMP, ce sera terrible : avec les milieux financiers et les médias, les complicités sont déjà manifestes. Sur les institutions policières et judiciaires, la pression sera constante. Le seul contre-pouvoir qui pourra s’exercer sera celui de l’Assemblée nationale, à condition que l’opposition y soit suffisamment forte pour interroger et contrôler le gouvernement. Le débauchage de personnalités dites de gauche me conforte dans l’idée que les mesures de Sarkozy seront dures. Ces éventuels futurs ministres vont être, de leur plein gré au demeurant, doublement instrumentalisés. Jusqu’aux législatives, ils justifieront la campagne de la droite : à quoi bon voter pour les socialistes, il y en a dans le gouvernement. Dans les semaines qui suivront, ils offriront une sorte de caution morale face aux réformes les plus contestables. Ils devront assumer les cadeaux fiscaux aux plus riches, la précarisation des salariés, le bradage de la protection sociale. « Une vingtaine de millions d’électeurs ont voté pour que trois cent mille personnes fassent fortune », comme le constate très justement Philippe Val dans son dernier éditorial. Les élections législatives ne pourront pas inverser le mouvement. Mais elles peuvent le rééquilibrer. C’est vital.