Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Ministre de l'Intérieur, ce n'est pas rien. Le titulaire de ce poste occupe un rang élevé dans le protocole gouvernemental; il est responsable de la sécurité des citoyens et garant, entre autres, des libertés publiques. La fonction est élevée, il est normal qu'elle soit exigeante.
Dans ce contexte, le dérapage de Brice Hortefeux à Seignosse est inacceptable. Par la faute de l'intéressé, il est devenu impardonnable.: je ne comprends pas pourquoi le ministre de l'Intérieur, confronté à l'évidence d'un enregistrement réalisé par les techniciens d'une chaîne de télévision parlementaire, persiste à nier ses propres déclarations.
Au simple aveu de sa bévue, il a préféré, et la majorité avec lui, un incompréhensible déni. D'abord, M. Hortefeux déclare avoir été incompris. Puis il essaie d'inverser la charge de la preuve, se plaignant d'être victime d'un « lynchage médiatique », relayé par un certain nombre de ministres qui dénoncent une « polémique scandaleuse ». Le président de la République lui-même s'en mêle, renforçant le buzz. Enfin -et mieux vaut en rire-, il est secouru ce matin par deux témoins de moralité irréprochables: Patrick Devedjian, filmé voici quelques mois en train d'injurier très grossièrement une députée du MoDem, voit des « commissaires politiques » partout; et Eric Besson, dont la gestuelle élégante a retenu l'attention lors des universités d'été de l'UMP, vole à son tour au secours de son prédécesseur!
Je ne pense pas que Brice Hortefeux envisage de démissionner, ni que Nicolas Sarkozy songe à l'y contraindre. En revanche, il devrait réfléchir aux trois points suivants. Premièrement, sa remarque indigne a choqué de nombreux Français: il leur doit des excuses. Deuxièmement, il refuse toute autocritique alors qu'il a sanctionné la semaine dernière, à juste titre, le préfet Girot de Langlade: or bien sûr, ce qui ne peut être admis d'un préfet peut encore moins l'être d'un ministre de l'Intérieur. Enfin, ses dénégations restent inaudibles car son nom est associé au premier ministère « de l'immigration et de l'identité nationale », cette honte de la France, et aujourd'hui à une politique sécuritaire et répressive qui ne respecte pas les droits de l'homme. En ce sens, s'il est jugé au regard du respect des valeurs de la République, M. Hortefeux a déjà démissionné