Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Le président de la République repart en croisade contre l'insécurité. En remettant cette thématique au premier plan, il avoue d'abord son propre échec. Comme ministre de l'Intérieur puis comme chef de l'Etat, il est responsable de la sécurité des Français depuis 7 ans. Et de fait, s'il a fait voter sur cette période 23 lois touchant à la sécurité, ni la violence, ni la récidive, ni la délinquance des mineurs n'ont reculé, preuve de l'inefficacité d'une politique qui privilégie la répression. A Nice la semaine dernière, il a annoncé un dispositif pour lutter contre les bandes alors que notre législation dispose de l'arsenal nécessaire pour combattre ce phénomène. Comme toujours avec Nicolas Sarkozy, seul compte le discours, seule importe l'annonce.
Le plus grave est qu'une fois de plus la majorité, à quelques semaines d'un rendez-vous électoral, entonne les rengaines de la droite dure. La nécessité de ratisser sur les terres d'une extrême droite dont les sondages indiquent une augmentation de l'audience est une explication. Mais pas la seule. Ce que Nicolas Sarkozy veut à tout prix éviter, c'est une focalisation de la campagne électorale sur les questions économiques et sociales. Car si son bilan en termes de sécurité est mauvais, il peut le présenter de manière suffisamment biaisée pour jouer sur l'ambiguïté. Au contraire, avec les indices économiques et les chiffres du chômage, les artifices sont inopérants.
Avant la crise, ce pouvoir avait déjà aggravé les injustices et creusé les inégalités. Depuis l'été dernier, son incapacité à protéger les plus faibles, à réguler le capitalisme français, à relancer la croissance par des investissements, est avérée. Les entreprises que Nicolas Sarkozy avait promis de sauver ferment. Les salariés qu'il avait assurés de sa détermination sont emportés par la crise et se sentent, à juste titre, abandonnés et quelquefois trahis.
Cette inquiétude, ce désespoir parfois, le gouvernement, en décalage total avec le pays, ne les perçoit pas. Il ne comprend pas la brutalité de cette crise, quand des sites industriels symboles de l'économie d'une ville ou d'une région disparaissent, quand des salariés et leurs familles paient le prix d'une crise dont ils ne sont pas responsables, tandis que certains banquiers ou hauts dirigeants continuent à jouer avec leurs bonus et autres primes indignes.
Elle est là, aujourd'hui, la violence.