Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
La conférence Durban II se tiendra à Genève du 20 au 24 avril prochains. L'objectif qui lui est assigné par l'Assemblée générale des Nations-Unies est d'évaluer la mise en oeuvre par les Etats des recommandations arrêtées en 2001. Le comité préparatoire, présidé par la Libye, a élaboré dans un premier temps un texte inacceptable, depuis lors édulcoré, mais qui reste suffisamment ambigu pour justifier le boycott de la conférence par le Canada, les Etats-Unis, Israël et l'Italie.
Au-delà de la stigmatisation du seul Etat d'Israël, le premier projet qualifiait la critique des religions, en particulier de l'islam, de « racisme » et introduisait le « délit de blasphème ». Devant le tollé, une nouvelle mouture a été élaborée, qui ne se focalise plus sur Israël mais renvoie à la Déclaration de 2001, n'évoque plus « la diffamation des religions » mais demande l'interdiction par la loi de la « haine religieuse ». Ces concessions, fragiles du point de vue sémantique et juridique, ont un prix: le silence absolu sur une série de questions majeures, la traite transaharienne, l'esclavage moderne, les discriminations de castes, les discriminations subies par les femmes ou liées à l'orientation sexuelle.
Bien qu'il se veuille un compromis, ce document ne lève pas tous les doutes. En effet, tout se passe comme si certains pays cherchaient à utiliser la lutte contre le racisme pour faire reconnaître un rôle politique aux religions. La coïncidence est troublante : le Pakistan a déposé il y a quelques jours, en vue de le soumettre au conseil des droits de l'Homme de l'ONU, un projet de résolution visant à combattre la « diffamation des religions ». Cela témoigne du risque de voir se multiplier les initiatives pour que ce concept à la limite de l'obscurantisme soit acté dans les textes, débats et forums internationaux.
Pour l'heure, la France semble décidée à participer à la conférence Durban II, alors que d'autres pays préfèrent le boycott. A-t-elle raison? Cela, on peut en discuter. Mais sans oublier ce qui doit rester indiscutable: assimiler toute critique d'une religion à une forme de racisme est une atteinte à la liberté d'expression et une menace pour la démocratie. Aucune déclinaison selon les lieux ou les cultures, aucune relativité, ne peuvent être admises en matière de libertés et de droits de l'Homme. La seule règle est leur universalité.