Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Franchement, il se répète un peu, le président de la République ! Depuis son élection, la crise a bouleversé toutes les situations, toutes les certitudes, toutes les perspectives ... sauf celles de Nicolas Sarkozy, qui ne voit aucune raison de changer quoi que ce soit.
A Saint-Quentin, mardi soir, il a cédé comme d'habitude à certaines facilités, constantes chez lui, qui sont autant de moyens d'éviter les vraies questions.
Tout d'abord, il se livre à la provocation. Il essaie de cliver le pays alors que le rôle d'un chef d'Etat est de le rassembler. Car non seulement il n'affronte que son camp, dans le cadre d'un meeting taillé sur mesure par Xavier Bertrand, mais lorsqu'il s'adresse aux Français, c'est pour insinuer que les manifestants sont des nantis et privilégier une pseudo « majorité silencieuse » qui, elle, souffre vraiment mais ne conteste pas. C'est une insulte aux centaines de milliers de salariés du public et du privé qui ont défilé le 19 mars.
Ensuite, le président de la République cède à l'autosatisfaction. Il se félicite de n'avoir commis « aucune erreur » et de réagir à la crise avec « sang-froid ». Sans doute espère-t-il, ce faisant, désamorcer les critiques qui commencent à s'exprimer fortement dans son propre camp, notamment sur le bouclier fiscal.
Enfin, et c'est le plus grave, Nicolas Sarkozy persiste dans l'inaction. Certes, il dénonce l'immoralité des bonus, stock-options et autres parachutes dorés, mais n'envisage pas de les interdire ou de les réglementer, ce qui impose de s'interroger sur sa sincérité. Et comment ne pas voir un aveu de son impuissance dans cette annonce: « Si la situation devait se dégrader, nous en ferions davantage »?C'est donc qu'à ses yeux, alors que l'Insee prévoit 387 000 suppressions d'emplois dans le secteur marchand pour le premier semestre 2009, il est urgent de ne rien faire.