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Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.

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Changer de cap


Une grève générale a eu lieu jeudi dernier: près de 2 millions de personnes dans les rues, tous les syndicats rassemblés dans les cortèges, le secteur public mais aussi les salariés du privé réunis dans ces défilés. Au-delà des slogans de manifs, ce sont une inquiétude massive et une colère profonde qui s'expriment.

 

Cette mobilisation est comparée à celle de 1995. Autant dire que nous ne sommes pas dans des revendications catégorielles mais bien dans une vague de fond.

 

A ce titre, la journée de jeudi est bien plus qu'un avertissement au pouvoir. Or, que répond celui-ci? Rien. Nicolas Sarkozy, généralement hyper-réactif, se tait. Ses services publient un communiqué inepte. Une possible intervention télévisée jeudi prochain est évoquée. Pourquoi ce président qui prononce au moins un discours par jour découvre-t-il soudainement les vertus du silence?

 

Le Premier ministre, lui, reste insaisissable. En répondant à la motion de censure des députés socialistes, il relance son idée d'union nationale avec une phrase bien maladroite: " La crise mérite que l'on soit d'abord tous Français ". Aujourd'hui, il explique que " rien ne serait pire qu'un changement de cap ". Cette fin de non-recevoir est de surcroît un contresens: il faut, au contraire, " changer de cap ".

 

La majorité au pouvoir ne parvient pas à prendre la mesure de la crise, de ses dégâts sur l'emploi, de sa dureté pour les salariés. Les Français, jeudi, ont défilé contre l'injustice. Celle qui est inscrite dans la politique de Nicolas Sarkozy. Celle que la crise rend insupportable. Celle qui précède la révolte.

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C
Généralement, quand les gouvernements notamment autocratiques subissent la contestation de leur politique intérieure ils engagent toute leur énergie dans les affaires étrangères pour distraire leurs concitoyens.En Europe le président tchèque a jugulé la crise gazière entre la Russie, l'Ukraine et les états membres concernés de l'Union; or, ce président actuel de l'Union était présenté médiatiquement comme peu européanisé et donc peu enclin à résoudre les problèmes lors de sa présidence. Récemment sur la chaîne de télévision " 24 " en langue anglaise il était annoncé que le président des Etats Unis d'Amérique avait rayé de la liste des terroristes les moudjahiddin iraniens; à vrai-dire cet entrefilet ne semble pas avoir retenu l'attention des journalistes français; mais, cela pourrait signifier que B. Obama entend nouer un dialogue avec les Iraniens pour faciliter le retrait américain de l'Irak mais également intervenir efficacement dans le conflit israélo-palestinien; on peut imaginer que les coups de téléphone à ses homologues français, russe et à la chancelière allemande abordaient ce sujet! Quant au président lybien il s'est déclaré très sceptique à propos du concept même de l'Union pour la Méditerranée; sans lui cette union semble bien compromise d'autant plus qu'il vient d'être désigné président de l'Union des Etats Africains, son prestige en Afrique et dans les pays du Tiers Monde s'en trouvant renforcé. Le projet d'une rencontre entre seize états européens à propos de la crise économique et financière qui aurait  été ( dit-on ) suscitée par la France semble faire l'objet d'une fin de non-recevoir singulièrement de l'Allemagne!Voilà a-priori beaucoup de restrictions aux domaines d'action récents de la diplomatie farnçaise.La manifestation du 29 janvier massive revendiquant des mesures immédiates pour améliorer la condition des Français est pressante pour le gouvernement. On voit mal des tergiversations et ou de la simple compasssion et ou un rejet en guise de réponse. Il s'agit d'une urgence. L'extérieur semble bien lointain pour distraire. Le malaise est profond au-delà de revendications corporatistes; c'est bien là le drame! Les réponses des gouvernants cette semaine sont attendues avec la plus extrême acuité!
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